Appliquer la loi sur toute sa rigueur!

" La vertu dans une République, c'est une chose très simple: c'est l'amour de la République, c'est un sentiment et non une suite de connaissances: le premier comme le dernier homme de l'Etat peut avoir ce sentiment. Quand le peuple a une fois de bonnes maximes, il s'y tient plus longtemps, que ce qu'on appelle les honnêtes gens. Il est rare que la corruption commence par lui, souvent il a tiré, de la médiocrité de ses lumières, un attachement plus fort pour ce qui est établi" Montesquieu " La vertu dans une République, c'est une chose très simple: c'est l'amour de la République, c'est un sentiment et non une suite de connaissances: le premier comme le dernier homme de l'Etat peut avoir ce sentiment. Quand le peuple a une fois de bonnes maximes, il s'y tient plus longtemps, que ce qu'on appelle les honnêtes gens. Il est rare que la corruption commence par lui, souvent il a tiré, de la médiocrité de ses lumières, un attachement plus fort pour ce qui est établi" Montesquieu


Appliquer la loi sur toute sa rigueur!
De cet extrait de "De l'esprit des lois, livre 5, chapitre 2: Ce que la vertu dans l'Etat politique" on peut retenir que la vertu c'est l'amour de la République par le respect des lois et de la patrie. En d'autres termes c'est une préférence continuelle de l'intérêt public et à des valeurs fortes car toutes les vertus républicaines y prennent origine. Par analogie toutes les dérives républicaines ont été possibles en l'absence de vertus dans la démarche des gouvernants et des administrateurs publics.
La liste des dérives est exhaustive mais néanmoins on peut retenir quelques unes comme la corruption, la concussion, la prévarication, la prédation, les détournements d'objectifs et de deniers publics, les prises illégales d'intérêts, les trafics d'influence et le blanchiment d'argent cette liste résume toute seule les voies et moyens qui ont permis aux politiciens de s'enrichir en pillant de manière systématique les deniers publics. Le dernier exemple en date est l'Affaire Aida Ndiongue où l'Affaire du marché fictif des produits phytosanitaires. Dans cette affaire le montant global des marchés était de 77 milliards sur la période 2007-2012 soit 5 ans en terme plus simple les commandes étaient fictives et les produits phytosanitaires n'ont jamais été délivrés au service de l'hygiène. Dans ce cas d'espèce il s'agit de faux, d'usage de faux et de magouilles aux dépends de l'Etat. Ce qui conforte une chaîne de responsabilité et de complicité entre Agent Comptable de l'Etat, le Ministre de l'Habitat et de la construction et l'accusée.

Pour avoir une idée de ces actes de mal gouvernance il faut se rappeler des dossiers de Tahibou Ndiaye et Abdou Aziz Diop qui avaient consigné respectivement 4 milliards et 1,59 milliards pour bénéficier d'une liberté provisoire. Ces actes indiquent que la Politique est une entreprise mafieuse car parachute des milliardaires à tout bout de champ en un temps record. Même les figurants autrement ceux qui ne sont pas dans l'épicentre du système en profitent au même titre que le Président, les Ministres, le Président de l'Assemblée Nationale et le Président du SENAT. Ces actes sont aux antipodes de la vertu républicaine car ils installent la porosité à tous les niveaux dans notre administration et profitent aux acteurs politiques. C'est pourquoi quand le Procureur Serigne Bassirou Gueye a révélé que le montant du butin est de 47,675 milliards constitués d'avoirs financiers, bijoux et pierres précieuses tous les citoyens épris de justice étaient choqués et indignés en apprenant qu'avec une telle somme monumentale on peut vivre et dépenser "1,3 millions par jour pendant 100 ans".

La détentrice d'une telle somme n'a rien à envier aux princes héritiers Arabes ou au Sultan de Brunei. Le summum de l'irresponsabilité est atteint quand l'accusé et ses chambellans ont publié un communiqué qui était vide car à occulter l'essentiel qui était le montant effectif des marchés de désinfection, de dératisation, de réparation de la route et du pavage des rues et ponts. Le communiqué a également introduit dans le dictionnaire des marchés financiers un terme "emprunt alfatière". En somme le communiqué a participé plus à éclaircir sur l'impossibilité mathématique d'amasser une fortune monumentale pour la période de (1982-2000). D'autres défenseurs théorisent un acharnement ou la présentent comme une détenue politique ce qui est une manière trop simpliste de démonter ces accusations circonstancielles.

D'autres réclament un pardon à l'endroit de l'accusé peut être ils ignorent la gravité des faits et des motifs c'est peut être pourquoi ils réclament un pardon qui est une manière de légaliser et de promouvoir le vol alors que dans nos prisons les délinquants primaires qui ont commis des "faits de petites et moyennes délinquances" constituent la majorité de la population carcérale. Il s'agit ici d'un cas de grande délinquance avec des ramifications diverses et internationales. La vertu devrait pousser la CREI à réprimer les Criminels et les délinquants financiers qui ont usé de leur position pour dilapider de façon éhontée les ressources publiques. Pour avoir une idée chiffrée de la gravité de la cette dilapidation des ressources publiques il faut visionner l'étude dirigée par le Pr Abdoulaye Seck de la Faculté des Sciences Economiques et Gestion (FASEG) qui évalue le coût économique et global de la corruption à 307 milliards sur la période 2007-2011 soit une moyenne de 76,75 milliards par an ce qui fait 921 milliards sur les 12 ans du règne de Wade.

Ainsi la corruption est une vraie perte pour l'Etat car avec une telle somme on aurait pu rehausser les standards qualitatifs des hôpitaux, construire des hôpitaux régionaux entièrement équipés, construire de nouvelles universités pour résorber le gap des bacheliers "non-orientés", construire de nouvelles autoroutes, redynamiser notre réseau ferroviaire et maritime, construire des ports internationaux, construire des lycées techniques totalement équipés, financer des projets dans les quartiers sensibles etc...

Pour cette série de motifs la seule logique devrait être poursuivre avec rigueur, obstination et constance tous les auteurs de prédation et de prévarication. Ce qui sera l'occasion pour donner un signal fort à tous les fonctionnaires, aux administrateurs de fonds publics, aux dirigeants des sociétés nationales et aux agents de la police qui excellent dans le rackette au su et au vu de tous. La vertu républicaine nous dicte que la justice a l'obligation de recouvrer tous les biens mal acquis où qu'ils soient et qui qu'ils soient ce qui permettra de restaurer ou le début de la restauration des fondamentaux de la république qui ont connu un vrai recul durant le magistère de Wade.

Dans une république à l'opposé de celle bananière il est inconcevable que les politiciens s'enrichissent sur le dos des " Badolos" qui ont tous les maux imaginables pour s'assurer des besoins psychologiques tels que: manger, boire, dormir, s'habiller, se soigner, disposer de l'eau potable, avoir un environnement sain, etc... Pour toutes ces raisons objectives nous osons croire que la justice sévira pour donner une leçon de bonne gouvernance, d'éthique et de déontologie à toute cette oligarchie qui rivalise dans la prédation des biens publics. Nous osons croire que tous ceux qui se sont enrichis de manière illicite seront traqués et rembourseront jusqu’au dernier franc.

Babacar Tall dit Tall Jenneh
Samedi 25 Janvier 2014
Dakaractu




1.Posté par Atypico le 26/01/2014 09:55
Tout est bien vu et bien dit sauf la conclusion qui revient à laisser croire que la justice serait indépendante et juste dans un état corrompu et dominé par les intérêts particuliers à commencer par ceux du président et de sa famille;



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