Amadou Wade, décédé en Espagne : Questions autour d’une mort

Vivant une quinzaine d’années en Espagne, le jeune Amadou Wade n’avait plus fait signe de vie depuis deux mois. Sa mort a été confirmée avant-hier. Trouvés hier à Thiaroye sur mer, les proches de la victime accusent la police espagnole qui aurait arrêté le jeune homme avant que l’irréparable ne se produise.


Amadou Wade, décédé en Espagne : Questions autour d’une mort
Après la mort de Amadou Wa­de, la famille soulève des questions et sort des affirmations : il aurait été torturé et tué par la Police espagnole. C’est la thèse accréditée par les proches de la victime trouvés à Thiaroye sur mer. Il revient sur les circonstances du décès de son cousin avec qui il vivait en Espagne.
«Nous n’avions plus de nouvelles de Amadou Wade depuis le 23 août dernier. Nous avions reçu de la part de son jeune frère vivant comme lui en Espagne une information selon laquelle Amadou Wade avait été arrêté par la Police espagnole. C’est hier (mardi) qu’on a appris qu’il a été retrouvé mort dans un lieu en Espagne. Ses autres jeunes compatriotes ont confirmé l’information  que Amadou Wade s’était retrouvé entre les mains des policiers espagnols», a informé  Babacar Guèye dit Mbaye Sarr, un immigré vivant en Espagne, qui se trouve actuellement à Thiaroye sur mer.
«Ce n’est que la Police espagnole que l’on peut accuser comme responsable de la mort de mon cousin. Je parle en connaissance de cause parce qu’imprégné des dures situations que les Sénégalais vivent en Espagne. Avant Amadou Wade, un autre jeune commerçant sénégalais est mort noyé après s’être jeté dans la mer. Les policiers s’étaient lan­cés à ses trousses»,  ajoute-t-il. 
Vivant depuis quinze ans en Espagne dans la même maison que la défunte personne, cet homme d’enfoncer les policiers espagnols.
«Amadou Wade a fui le marché à la poursuite des policiers pour retrouver sa voiture qu’il avait garée devant un hôtel. Sollicitant l’aide d’un Sénégalais pour changer le pneu de sa voiture crevé, ce dernier dit avoir aperçu une horde de policiers qui se dirigeait vers Amadou Wade. Cela a poussé celui qui voulait apporter son assistance à la victime à rebrousser chemin», explique un autre immigré. 
Polygame, âgé de 48 ans, le jeune Amadou Wade, comme tous les autres ambulants vivant en Espagne,  ne manque pas souvent de faire face à des  tracasseries policières pour les interdire de pratiquer leurs activités commerciales. Le corps de la victime a été soumis à une autopsie, selon les proches de Amadou Wade qui sollicite l’appui de l’Etat pour que la justice espagnole soit saisie et les responsabilités situées. Espérant recevoir le corps du défunt dans les prochains jours pour l’enterrer au cimetière de Thiaroye, les proches de la victime ne disent que du bien d’elle.
«C’est quelqu’un de discret. Il vivait effacé et était un modèle de droiture et en phase avec les recommandations de l’Islam», témoigne  Babacar Guèye  dit Mbaye Sarr. 

«Généreux et courtois»

Meurtri par la perte de son fils, Aladji Djibril Wade, père de Ama­dou Wade, raconte leur dernière conversation : «La dernière fois qu’il a par­lé avec moi par téléphone, Amadou Wade m’avait promis de venir fêter la Tabaski à mes cô­tés comme il a l’habitude de faire depuis qu’il a rejoint l’Espagne. Depuis ce dernier coup de fil, je n’ai plus eu de ses nouvelles. Des idées noires traversaient mes pensées pour dire quelque part que mon fils était mort. Avant que je sois informé de cette mauvaise nouvelle.  S’il était possible de décider du sort d’un homme, j’aurai choisi de mourir à sa place.» 
Louant la générosité de son défunt fils pour avoir été toujours «l’esclave des désirs de sa famille», le vieux Aladji Djibril Wade se souvient des conditions dans lesquelles son fils avait rallié l’Espagne.
«Mon fils avait emprunté les pirogues via le Maroc pour se rendre en Espagne. A chaque fois qu’il revenait, il avait l’habitude de passer par la route à bord d’une voiture qu’il revendait une fois au Sénégal. Je lui avais demandé de ne plus emprunter la route pour joindre le Sénégal. Il avait dit qu’il allait exécuter cette recommandation», a soutenu, la mort dans l’âme, le père du défunt. Très remonté contre les autorités de ce pays, «qui n’ont rien fait pour créer les conditions pour que les jeunes puissent trouver du travail sur place», Aladji Djibril Wade dit que l’Etat est incapable d’apporter la même assistance que les immigrés aux populations.

Le Quotidien
Jeudi 6 Octobre 2016
Dakaractu



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