Amadou Ba dresse le bilan du régime de Wade : Si le Pds était encore au pouvoir, le niveau d’endettement, qui a plus que doublé entre 2006 et 2012, serait de plus de 85%


En visite à Touba dans le cadre de la présente édition du Grand Magal, le Pape du Sopi a alerté sur la hausse de la dette du Sénégal en des termes qui font état d’une supposée dégradation de la situation économique du Sénégal, déplorant que taux d’endettement serait de 65%, alors que la norme serait de 17%. Visiblement prédisposé à une vision sombre de l’avenir par ce qui précède, Me Abdoulaye Wade en conclut que le gouvernement fait face à des difficultés de paiement des salaires et qu’une telle situation aurait pu être évitée s’il avait bénéficié d’un 3ème mandat.
Suite à ces affirmations, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, dans un communiqué rédigé ce 6 novembre, tient juste à rappeler des faits et des chiffres vérifiables au sein de ses services techniques, dans les livres de la BCEAO et auprès d’institutions internationales partenaires du Sénégal.
Amadou Ba a jugé hautement souhaitable de rappeler qu’après les allègements et annulations de dettes au titre des Initiatives Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et de l’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM), le taux d’endettement du Sénégal était de 21,3% du PIB en 2006. « Ce taux a plus que doublé 6 ans plus tard passant à 42,9% du PIB en 2012 sous le magistère du Président Wade, très loin du « taux d’endettement toléré de 17% » qu’il évoque », note le texte. Qui en déduit : « Si ce rythme de progression de la dette était maintenu pour un 3ème mandat accordé au Président Wade, le Sénégal serait aujourd’hui à un niveau d’endettement de plus de 85% (6 ans après 2012) ».
« Le service de la dette totale rapporté aux recettes budgétaires était de 46,8% en 2012 alors qu’il se situe à 33,7% en 2017 », ajoute l’argentier de l’Etat.
Celui-ci pense que le Président Wade semble oublier que la politique d’endettement au sein de l’UEMOA est encadrée notamment par le Règlement 09/2007 portant cadre de référence de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique dans les Etats membres de l’UEMOA.
Puis il rappelle : « Le plafond d’endettement au sein de notre espace économique est de 70% du PIB. Les différents rapports d’analyses de viabilité de la dette du Sénégal réalisés par les institutions spécialisées prévoient des taux d’endettement du Sénégal à fin 2017 à 61,02% et 61,44% à fin 2018, loin de la norme communautaire de 70%. Ce chiffre ne tient pas compte des travaux de réévaluation du PIB (intégrant notamment les évolutions de la structure de l’économie entre 1999 et 2014). Cette rénovation de nos comptes nationaux augmente notre PIB nominal d’environ 30%, ce qui remmènera ce taux d’endettement à une fourchette située entre 45% et 47% du PIB. Ce processus mené en collaboration avec des institutions internationales va s’achever dans le courant de l’année 2018 ».
Le Sénégal à la date du 02 avril 2012
A en croire le ministre de l’Economie et des Finances, au moment de la passation de pouvoirs entre les Présidents Abdoulaye WADE et Macky SALL, le 02 avril 2012, la situation économique du pays se présentait notamment comme suit :
-        une croissance économique de 1,8% en 2011, inférieure au croît démographique ;
-        un déficit public de 6,7% du PIB en 2011 (il a été ramené à 3,7% en 2017). Le déficit public est la situation dans laquelle les dépenses de l’Etat excèdent ses recettes, il est alors obligé de recourir à l’emprunt pour financer ce déficit ;
-        une inflation de 3,4% en 2011 ;
-        un solde négatif du compte courant de la balance des paiements qui avait atteint 10% du PIB ;
-         un solde du Trésorier général de 20,969 milliards ;
  • une circulation fiduciaire qui est passée de 588,1 milliards de FCFA en 2010 à 584,6 milliards de FCFA en 2011, soit un repli de 3,5 milliards de FCFA ; 
-        une Position Nette du Gouvernement (PNG) caractérisée par un excédent de dettes de 166 milliards de FCFA
-        une aversion des investisseurs internationaux à miser sur le Sénégal compte tenu de la mauvaise gouvernance et de la faiblesse de son économie, lesquelles laissaient présager des risques de défaut de paiement.

En définitive, tranche Amadou Ba : « Tous ces indicateurs d’une situation économique très précaire, avaient poussé le Président Wade à faire un aveu de taille en mars 2012, durant la campagne électorale pour la présidentielle : «si quelqu’un d’autre prend le pouvoir, deux mois après, ce sera la grève des fonctionnaires qui ne seront pas payés» et de rajouter : «La campagne menée contre moi a créé une situation qui a chassé les capitaux. Ceux qui avaient investi dans le pays se sont retirés »
Mardi 7 Novembre 2017
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :