Alioune Tine : " Il faut le dire le 23 juin, on a arrêté un coup d'Etat institutionnel "


 Alioune Tine : " Il faut le dire le 23 juin, on a arrêté un coup d'Etat institutionnel "
A l'anniversaire du 23 juin, Alioune Tine, le patron de Amnesty a, durant sur son temps de parole revenu sur la journée du 23 juin en ces termes : "Je vais commencer par présenter mes excuses. Je suis et j'étais couché quand j'ai vu l'appel de Fadel Barro, je me suis levé très rapidement pour venir. Je voudrais dire le rôle joué par la jeunesse dans ce qui s'est passé le 23 juin. En réalité, il ne faut pas seulement voir le 23 juin car ce n'est que l'aboutissement d'un processus de sensibilisation et de mobilisation de la jeunesse sur le thème du nouveau type de sénégalais depuis 2009. 
Des organisations de la société civile ont aussi travaillé sur la vulgarisation des choses en 2009. Je peux parler de la RADDHO qui avait fait un grand ciblage pour parler de la Constitution en langue nationale mais aussi diffuser les principes de cette Constitution en langue nationale avec Ismaela Madior Fall comme expert à l'époque. 
Donc, ce qui est original avec Yen A Marre dans ce processus, c'est une alliance entre les artistes et la jeunesse. Ce qui a été important aussi c'était le nouveau langage et cette prise de conscience, ce travail d'alerte qui était permanent. Mais également le travail de communication, très original et très agressif de Yen a marre. Ils ont eu le courage et l'audace. Ce qui a fait que quand on est arrivé le 22 juin ; parce que le 22 juin, c'est une étape importante. Les choses ont commencé le 16 pour finir le 23, mais le 22 c'était la grande assemblée générale à Daniel Brottier. C'était plein comme un oeuf et personne ne s'attendait à cette mobilisation de la jeunesse sénégalaise. Il y avait beaucoup plus de monde dehors qu'à l'intérieur de la salle. Nous avons commence l'AG et quelques temps après, il y a eu trois au moment où Diallo Diop parlait, les trois jeunes que sont Thiate, Fadel et Simon sont arrivés. Des jeunes que je connaissais très polis et très sympathiques mais ce jour là, je ne les ai pas reconnu. Personne ne pouvait les retenir. Ils sont venus et ont commencé à dire "Yen a marre des AG et de parler sans rien faire. Maintenant, il faut de l'action et on doit aller dans la rue". C'est comme ça que c'est parti. Les choses ont commencé le 22 juin à partir de ce moment là au Plateau. Les jeunes ont commencé et ce jour là a été un moment clé. Il faut voir aussi comment ils se sont battus à la place de l'indépendance. Je me rappelle Thiate disant "tuez moi". La presse y a aussi joué un rôle déterminant de relais des informations. Il faut le dire le 23 juin, on a arrêté un coup d'Etat institutionnel. Ce qui est formidable c'est que projet n'était pas préparé au Sénégal mais ailleurs et dans la plus grande confidentialité. Même la direction du PDS n'était pas au courant. On a appris dans notre film que le Premier ministre à l'époque Souleymane Ndéné Ndiaye a été mis au courant, au moment du conseil des ministres. 
Pour dire que c'était un coup d'Etat presque pour changer de régime et avoir une espèce de monarchie qui ne disait pas son nom dans notre pays. Cela a participé à l'indignation et à la colère des populations. Ce qu'on a vu le 23 juin, je pense que dans l'histoire politique du Sénégal, on ne l'a jamais vu. Cette mobilisation de la jeunesse, cette mobilisation des populations a créé une formule. Y'en a marre a servi de modèle à plusieurs jeunesses de l'Afrique."
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Jeudi 23 Juin 2016
Dakar actu




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