Ali Mansoor, chef de la mission du FMI au Sénégal : « La réussite du Pse dépend du développement des Pme… »

Le chef de la mission du Fonds monétaire international (Fmi) au Sénégal, Ali Michael Mansoor a indiqué, au terme de la mission de plusieurs jours menée au Sénégal que la réussite du Plan Sénégal émergent (Pse) dépend du développement des petites et moyennes entreprises (Pme) et d’une meilleure politique fiscale. Les Pme pourront permettre une création d’emplois et une meilleure distribution de la richesse pour une croissance inclusive.
Cependant Mansoor soutient que le cadre économique sénégalais reste stable et la croissance soutenue.


Ali Mansoor, chef de la mission du FMI au Sénégal : « La réussite du Pse dépend du développement des Pme… »
La mission du Fmi entamée depuis le 17 août  dernier s’est achevée hier. Après s’être entretenu avec les plus hautes autorités du pays, Ali Mansoor, qui a considéré que le cadre macro économique sénégalais reste stable et la croissance robuste avec une prévision en 2016 estimée à 6,6%, a invité les autorités à relever le véritable défi pour le Sénégal qui est de maintenir une croissance durable et inclusive.
Ali Mansoor qui faisait face à la presse, a soutenu que pour la réussite du «Pse qui est un bon plan», il faut la création d’un espace économique où tous les acteurs produisent sans compter sur des faveurs de l’Etat. Pour atteindre les objectifs de croissance du Pse, il examine qu’il faut au préalable un secteur privé fort. «La réussite du Pse dépend du développement des Pme. Ces petites et moyennes entreprises doivent grandir et sortir de l’informel pour créer des emplois afin de réduire la pauvreté. Il faut aussi une synergie entre les Pme nationales et les investisseurs étrangers», explique le chef de la mission du Fmi au Sénégal qui est d’avis qu’il faut un même traitement pour toutes les entreprises dans le domaine fiscal sans discrimination. Il ne faut pas, selon Ali Mansoor, que certains entrepreneurs bénéficient de plus de faveurs que d’autres. «Il faut réformer certains secteurs pour mieux attirer les investisseurs. Il faut des réformes structurelles qui permettraient au Sénégal de maintenir la dynamique de croissance, renforcer son caractère inclusif et fortifier la résilience de l’économie aux chocs internes, régionaux et internationaux. Ceci nécessite le maintien d’un cadre macroéconomique stable et l’accélération des réformes pour améliorer la productivité et l’environnement des affaires, et promouvoir le secteur privé», indique Ali Mansoor. 
 
Problématique de la redistribution de la richesse
La grande incompréhension de la  macroéconomie réside dans le fait que la situation peut être reluisante d’après les chiffres, mais que concrètement les populations ne ressentent pas cette embellie. Pour éviter ce sentiment aux Sénégalais, les experts du Fmi soutiennent qu’il faut que l’Etat crée les conditions pour que tous les Sénégalais participent et bénéficient de la croissance. «Pour une meilleure redistribution de la richesse, l’Etat ne doit pas simplement investir dans les infrastructures mais aussi dans le capital humain. L’inclusivité de la croissance est essentielle et il faut des politiques sociales pour atténuer la pauvreté. L’essentiel pour la croissance, c’est de dire combien d’emplois ont été créés dans le secteur des Pme, dans le secteur privé et non dans le gouvernement ou le public car ce n’est pas soutenable. Il faut mieux partager les richesses pour atteindre le cercle vertueux de la croissance durable et soutenue», a laissé entendre Ali Mansoor.
En outre, par rapport à la politique d’endettement du Sénégal, le Fmi assure que ce n‘est pas pour le moment inquiétant ni alarmant, mais l’essentiel c’est de s’assurer que la croissance perdure et qu’on monte les bons projets en procédant à leur bonne préparation. «Si on ne prépare pas bien les projets, on risque d’avoir des endettements inutiles; il faut bien gérer aussi la recherche de fonds. Le gouvernement est conscient de ces défis», a martelé le chef de la mission du Fmi. Dans le même ordre d’idées, Boileau Loko, représentant résident du Fmi au Sénégal confie que pour la dette, le pari c’est que l’emprunt génère plus de croissance et absorbe les nombreux jeunes Sénégalais en chômage.
Par ailleurs, M.Loko a affirmé qu’il faut une meilleure mobilisation des ressources avec la modernisation de l’administration des Impôts et des Douanes. Cependant, il prévient que le but n’est pas d’augmenter les impôts, mais de tout faire pour que ceux qui doivent s’acquitter de ce devoir le fassent sans différenciation. D’ailleurs selon une source officielle, par rapport à l’année précédente, les recettes fiscales ont connu une hausse de 15 % de  2015 à nos jours. Elle ajoute par ailleurs  que la direction générale des impôts et domaines est consciente qu’il y a des niches à exploiter. Pour une meilleure rationalisation, Boileau Loko invite l’Etat à éviter les dépenses nuisibles à l’économie, tout en se demandant si on doit continuer à financer certaines agences.
Mercredi 31 Août 2016
Dakaractu



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