Alerte! La mer se déchaine et détruit des villages prés de Saint-Louis....


Alerte! La mer se déchaine et détruit des villages prés de Saint-Louis....
Des villages du Gandiol au Sud de Saint-Louis disparaissent sous les eaux. L´eau progresse sur le rivage d´environ 20 m  par an. Le niveau des eaux augmentait et le fleuve avançait depuis des années mais jamais à la vitesse qu´il a atteinte après l´ouverture d´une brèche.

Pour lutter contre les risques d'inondation à Saint-Louis, un trou de 4 mètres a été ouvert le 3 octobre 2003 en plein milieu de la Langue de Barbarie *
(Bande de sable d´environ 25 Kilométres s´etendant de la Mauritanie au sud de Saint-Louis et représentant une barrière naturelle entre le fleuve Sénégal et l´Océan Atlantique).
Ce creusement devait faciliter le déversement des eaux du fleuve dans l´Océan Atlantique et créer un canal de délestage.
Mais il s´elargit vers le Sud ce qui fait que les marées prennent de l´ampleur et touchent les villages côtiers qui ne sont plus protégés par la langue de Barbarie.

Depuis le creusement de cette ouverture dans la langue de Barbarie pour protéger l'île de Saint-Louis, classée Patrimoine Mondial de l'Humanité  et éviter qu´elle ne disparaiise sous les eaux, des villages sont menacés de disparaître.
Ce trou s'est élargi de quelques dizaines de mètres en une semaine. Maintenant, c'est un trou béant de plus de 3 km qui laisse passer les eaux du fleuve Sénégal devenant ainsi la nouvelle embouchûre. Il ne cesse depuis lors de s´ elargir.


En protégeant Saint-Louis, on sacrifie les villages du Gandiol. Ceux situés en face de cette ouverture ne vont pas résister à la force des vagues et ce ne sont pas les prières et les paroles magiques prononcées pour obtenir un effet surnaturel qui vont retenir les eaux. L'ancienne embouchure est en train de s'ensabler. L'accès terrestre permettant de longer la Langue de Barbarie à pieds est désormais coupé par le trou. L'ancien cours du fleuve situé en aval de cette ouverture est en train de se transformer en lagune.

La montée du niveau de la mer au niveau de cette bande de sable fait beaucoup de dégats. Pourtant on trouve le Parc national de la langue de Barbarie situé à environ 18 kilomètres au sud de la vielle ville vers l'embouchure du Fleuve. Un Paradis pour les oiseaux! On y trouve des Flamingos, Cormorans et des Pelicans.

Ce parc est comme celui de Djouj une réserve ornithologique entre le fleuve Sénégal et l´Océan Atlantique qui s’étire sur 15 km de long avec une largeur d'environ 1 km. Il est constitué par une zone estuarienne, des marigots et des îles sableuses accueillant une biodiversité rare.
Il y a  une zone de sable où les tortues marines viennent pondre. La plage est suivie de dunes fixées par des filaos. Une mangrove existe.
Avec l'ensablement de l´embouchure du Fleuve, le parc de la Langue de Barbarie verra sa nature modifiée. Les oiseaux qui y nichent et ceux qui y migrent ou s'en servent d'étape vont devoir trouver un autre lieu de séjour....

Si la brusque montée des eaux qui a englouti en quelques mois des agglomérations a contraint certains à quitter les lieux, d´autres se résignent à attendre n´ayant pas un endroit idéal pour se réfugier. Les campements touristiques situés sur la zone de l'Hydrobase sont menacés de disparition. La mer est non seulement dangereuse pour la baignade mais s´y ajoute que l´eau chargée de déchets du fleuve et souvent boueuse se déverse à côté des infrastructures touristiques. À certaines périodes, la plage est sale car recouverte de végétaux et déchets flottants charriés par le fleuve.

Ce risque de disparition ou de bouleversement du parc est d'autant plus triste que, malgré sa taille, son intérêt pour le tourisme et la sauvegarde des espèces est primordiale. Mais le parc est aujourd'hui en sursis.

Le sud de la Langue de Barbarie disparaît et toute la partie continentale protégée jadis par cette bande de terre va se retrouver à la merci des marées qui avalent les protections faites de blèches, de pneus et autres...
Il en résulte des inondations régulières et une disparition totale des activités agricoles des habitants car l´eau saumâtre de l´estuaire est devenue salée. Les populations des villages du Gandiol situés en face de la brèche ont vu leur activité de maraîchage complètement détruite par les marées d'eau salée.
Il faut faire reculer les constructions côtières et reboiser en plantant des arbres par exemples filaos aprés la plage et de la mangrove pour freiner l´avancée de l´eau du fleuve.

Des surfaces entières disparaissent sous les eaux.  Mais la vielle ville, loin d'être sauvée des inondations peut être victime des marées hautes et des crues.La salinité autour de l'île Saint-Louis, classée Patrimoine Mondial de l'Humanité, ayant considérablement augmenté, les fondations des bâtiments situés sur les berges sont rongées par le sel. Les tendances montrent qu'à brève ou moyenne échéance c'est toute la zone qui va être en péril.

Il est techniquement possible de refermer cette ouverture aux conséquences néfastes. Mais il faudra beaucoup de moyens pour y parvenir

Mr.Diagne
Météorologiste
Expert en gestion des catastrophes
environnementaux.

Jeudi 23 Janvier 2014
Dakaractu




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