Affaire Seydou Kane : Des révélations embarrassantes

Lors de son interpellation à Paris, l’homme d’affaires Seydou Kane avait brandi trois passeports diplomatiques dont un sénégalais. Normal puisque ce sulfureux personnage inculpé pour blanchiment aggravé et corruption est...un ambassadeur itinérant du Sénégal. Il aura fait à notre pays une belle publicité !


Lorsque l'homme d'affaires Seydou Kane a été interpellé à Paris, il était attendu dans le hall de l’aéroport par le chef de protocole de l’ambassade du Sénégal à Paris. Ce que l’intéressé a confirmé dans un entretien à la presse gabonaise durant lequel il n’a pas infirmé être détenteur d’un passeport diplomatique Sénégalais.
Au contraire...Celui qui a été inculpé pour blanchiment aggravé et corruption ; celui qui a dû casquer 2 millions d’euros (1,3 milliard FCfa) pour pouvoir quitter la France et qui est sous le coup d’une procédure judiciaire, est un...ambassadeur itinérant du Sénégal.
C’est Seydou Kane lui-même qui le révèle, expliquant pourquoi il détient un passeport diplomatique Sénégalais.
«Son excellence le Président Macky Sall m’a nommé Ambassadeur itinérant pour le Sénégal et croyez moi, tout ceci est à l’actif de son excellence monsieur le Président de la République Ali Bongo Ondimba qui a su mettre en valeur un climat d’affaires propice au développement des échanges entre les entrepreneurs africains. Et puis, pour la petite histoire, je me permets de vous livrer un pan de la migration des «Kane» : mes arrières grands parents viennent du Sénégal, ils étaient venus au Mali pour faire la guerre sainte, puis, ils ont choisi d’y vivre. C’est comme ça que nous sommes devenus maliens. En réalité, nous sommes des peulhs venus du Sénégal et dans quelques années, mes petits enfants raconteront leur histoire, bref, ainsi va la vie d’une génération à une autre. Toutefois, je peux vous dire que si vous allez au Sénégal, aujourd’hui, vous trouverez des Kane imams toujours de ma famille.»
Tout un programme... N’empêche, Seydou Kane a aussi confirmé que c'est le chef de protocole de l'Ambassade de Paris qui devait l'accueillir. Avant de justifier cet "honneur" en ces termes : «Pour une raison toute simple, quelques jours auparavant, nous avions eu un crash (ndlr, il parle du Fokker de l’armée qu’il avait loué avec son pote Abdoulaye Sally Sall), un accident, l’avion a fait une sortie de piste au moment du décollage et a terminé sa course hors des limites du terrain d’atterrissage. Heureusement qu’il n’y a pas eu de victime même si l’appareil a subi des dommages importants. C’est donc suite à cet accident d’avion que j’ai décidé de me rendre à Paris pour faire des contrôles, parce qu’il faut dire que le choc était violent, et parce que l’appareil battant pavillon sénégalais mes amis ont demandé au chargé d’affaires de l’Ambassade de venir me chercher à l’aéroport. N’oublions pas que je suis Ambassadeur itinérant pour le Sénégal.» Interdit d’en pleurer... Pourtant, Libération a appris de sources autorisées qu’un décret nommant Seydou Kane à ce poste n’a jamais existé.

«Mon avocat, Robert Bourgi, il n’a rien foutu»

Au passage, il faut noter que l’homme d’affaires aux multiples nationalités n’a pas raté l’avocat Robert Bourgi qu’il accuse d’être à l’origine de tous ses malheurs : « J’ai noté que mon avocat (ndlr, Robert Bourgi) ne s’activait pas avec empressement pour aller à l’essentiel comme je le lui demandais. L’essentiel pour moi étant ma mise en liberté. Il a fait naître des lourdeurs et des pertes de temps inutiles dans une affaire aussi simple, chose étonnante, pour qui connaît l’entregent de Robert Bourgi qui, je dois le signaler, est mon avocat depuis quelque temps Il ne faisait pas son travail, et c’est justement parce que je ne voulais pas que cette affaire connaisse une sur-médiatisation, ce qui par contre semblait l’arranger.
J’ai donc décidé de le congédier puis de prendre un autre avocat qui a conduit le dossier selon mes instructions et avec la plus grande diligence. Nous avons rapidement trouvé un accord avec le juge qui a fixé une caution. Vous savez, l’adage populaire qui dit que le temps c’est de l’argent est une réalité pour les hommes d’affaires. Je ne supportais pas ces temps morts, alors que Robert Bourgi voulait je ne sais atteindre quel but. Par sa faute, il y a eu beaucoup d’échos et de commentaires autour de cette affaire.»

Il ajoute, hors de lui, «le plus inadmissible, c’est que je lui ai versé des indemnités spécialement consacrées à la défense de ce dossier en sus de ses honoraires habituels et il n’a rien foutu, absolument rien. J’ai même eu le vague sentiment qu’il cherchait à exploiter cette circonstance pour se frayer une voie vers monsieur Maixent Accrombessi et peut être même vers le Président de la République, attitude que je trouve déplorable de la part d’un avocat ! Une fois pour toute, je voudrais que les choses soient claires, je suis un homme d’affaires, les circonstances ont voulu que je rencontre des compatriotes qui occupent aujourd’hui des responsabilités très élevées dans mon pays. Non seulement notre amitié est vraie, mais en plus, je ne suis pas homme à nuire à la réputation d’un ami, qu’il s’agisse de Maixent Accrombessi ou de monsieur Ali Bongo Ondimba qui plus, est le Président de la République. Comme tous les autres citoyens gabonais, je suis son obligé, l’inverse n’est pas possible et c’est pour cela que je trouve méprisable que Bourgi ait tenté d’exploiter cette posture et comme ça n’a pas marché, il se fait la source de mensonges et de calomnies des journaux proches de l’opposition.»
Jeudi 17 Décembre 2015
Dakaractu




1.Posté par Dr Djinné le 17/12/2015 09:42
Paroles d'un bandit qui fait très mal à la reputation de notre pays et de l'Afrique. Homme d'affaire des affaires louches !!! Ambassadeur dénigrant !



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