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Adji Mergane Kanouté, coordonnatrice des femmes de Bby : A hue et Adji !


Adji Mergane Kanouté, coordonnatrice des femmes de Bby : A hue et Adji !
Adji Mergane Kanouté, coordonnatrice des femmes de Benno bokk yaakaar (Bby) est née à Kaolack. La nièce de Iba Der Thiam est une quadra, membre de l’Uds/Innovation dirigée par Zahra Iyane Thiam, qui n’a commencé à titiller le monde politique qu’en 2007.
Ce jour-là, quand elle entre dans le salon d’une maison à Liberté 4, on peut douter que ce soit bien elle. Sa splendeur tranche nettement avec cette femme «fatiguée» qui arpentait les escaliers du quartier général de campagne de la coalition Macky2012 sis aux deux voies de Liberté 6. Adji Mergane Kanouté, la coordonnatrice des femmes de Benno bokk yaakaar ne respire pratiquement que pour la politique. Quand elle en parle, son visage s’illumine ; elle est souriante. Sa passion est telle qu’à 9 mois de grossesse, elle était sur le terrain lors de la dernière Présidentielle pour donner la victoire à Macky Sall. Parlez-lui des activités des femmes qu’elle dirige, elle devient encore plus excitée. A l’entendre parler, on finit par croire que les femmes de cette coalition hétéroclite sont le moteur même du Sénégal. Plus important peut-être que n’importe quel autre regroupement politique. Son camarade de parti n’a peut être pas tort de lui lancer cette phrase taquine : «Qui chante ses propres louanges ne saurait se tromper.»
Pourtant, cette nouvelle passionnée de la chose politique n’est qu’à ses débuts ? Est-ce que parce que l’idylle est parfaite pour le moment ? Dans tous les cas, ce n’est qu’en 2007 que Adji Mergane entre dans la vie politique active. Elle s’explique : «La priorité était réservée à mes études. Il n’était pas question de les associer à quoi que ce soit. Ce n’est qu’en 2007 que j’ai vu des femmes et des hommes avec qui je partage les mêmes visions. Et nous avons décidé de créer notre parti.» La formation en question est l’Union pour le développement du Sénégal­/Inno­vation (Uds­/innovation) dirigée par Zahra Iyane Thiam.
Un parti sans poids politique - ils n’ont jamais participé à des élections sous leur propre bannière - que Mme Kanouté ne compte pas quitter, malgré sa jeunesse et son manque de notoriété, pour répondre aux sirènes des prairies beige-marron du parti de Macky Sall. «Pourquoi transhumer ?», se demande-t-elle d’ailleurs. «Nous sommes dans Bby et nous travaillons pour le Président dans l’intérêt général des Sénégalais. Il n’y a aucune raison de migrer.» La fusion des deux partis ? Elle donne une réponse des plus prudentes. «Nous n’en avons pas parlé.»
Qualifiée de «têtue, difficile et impulsive» par Alioune Ndiaye, le président de son parti, elle rétorque : «Je fais un management de choix.» Un aveu clair. Tenant à la survie des coalitions comme à la prunelle de ses yeux, elle ne laisse personne travailler à leur dislocation. Lorsque Seydou Guèye, le porte-parole de l’Apr, militait pour la dissolution de Ma­cky2012, la considérant comme une union pour la conquête du pouvoir, Mme Kanouté est très vite montée au créneau pour le fustiger. Au-delà de sa mission de «conquête du pouvoir», Macky2012 sert aussi, pour elle, à «exercer»  ce même pouvoir.

Dame de la communication
Malgré cette vie politique juvénile, Adji Mergane Kanouté a pourtant déjà une riche carrière. Depuis qu’elle est devenue active, elle n’a pas eu le temps de rester dans les cohortes des applaudisseuses, buvant la poussière des convois, sans jamais connaître le goût du fromage. Grâce à son master en Communication, un autre en Suivi-évaluation, gestion de projet respectivement à Sup de Co et à l’Institut d’ingénierie territoriale, elle ne cesse d’aligner les postes de responsabilité. Et dire qu’elle a participé à la naissance du premier front contre Abdoulaye Wade, aussitôt après la gueule de bois du 25 février 2007, avec la reconduction du Président sortant dès le premier tour. En effet, elle a été chargée des outils et supports dans la Commission communication des Assises nationales dirigée par Diatou Cissé Badiane. Puis, rapporteur général du Comité électoral national de Benno siggil senegaal (Bss) regroupant justement deux principaux candidats malheureux en 2007, Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse. Son choix pour coordonner Bby version féminine n’est pas un hasard, puisqu’elle a été porte-parole des femmes de Bss avec Khoudja Mbaye de la Ld, actuelle ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat à leur tête. Mais en même temps, Mme Kanouté a fait un passage à Clarté nay leer en tant que rapporteur général. Le virus des structures d’opposition l’ayant affectée, elle prend goût à la «haute politique», celle de faire gagner son candidat, Macky Sall et, surtout, de l’immense tâche de faire partir le Président Wade. C’est ainsi qu’elle se voit promue directrice-adjointe des élections dans  Macky2012, aux côtés de Benoît Sambou qui en était le titulaire.

Tonton Iba Der
De ce parcours, elle peut remercier aujourd’hui son père, un ancien banquier à la Biao qui l’avait toujours comblée. Ce qui lui a permis d’avoir une enfance sans soubresaut. «Sa disparation m’a beaucoup marquée. J’ai été choyée, parce que j’étais la seule qui aimait les études», se souvient-elle. Un autre qui a apporté sa pierre au formatage du produit politique, c’est le professeur Iba Der Thiam. Drapée dans un ensemble traditionnel jaune moutarde brodé de filets de couleur rose, elle se rappelle avoir assisté aux défilés des premiers responsables politiques de ce pays à la maison de «tonton Der». On dirait que la politique est dans la veine ! Parce que l’oncle de Adji Mergane, ancien leader de la Cdp/Garab-Gui, devenu libéral sous Wade, l’a prise sous son aile protectrice pendant près de 10 ans dans sa maison à Liberté 5. Aujourd’hui, la nièce du «député du Peuple» ne tarit pas d’éloges à l’égard de son tonton. Elle ne trouve pas les qualificatifs- comme aime les aligner Der lui-même - pour rendre grâce à cet «homme d’une autre dimension».
Pour un lilliputien comme le parti de Iba Der Thiam, une voix de Adji Mergane n’aurait pas suffi peut-être, mais elle en a une once de regret de ne lui avoir pas rendu la monnaie. «Quand j’ai décidé de militer, il n’avait plus son parti», dit-elle. Mais pourquoi Adji n’a-t-elle pas alors milité au Pds pour être à ses côtés ? «Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai jamais eu confiance en Abdoulaye Wade. Même au second tour de l’élection présidentielle de 2000, je n’ai pas voté. Aujourd’hui, je pense que l’histoire m’a donné raison», confie-t-elle.  Son oncle s’est-il trompé d’homme alors ? Elle refuse cette façon de voir. «Ce raisonnement n’est pas bon. Même mon oncle ne pense pas ainsi», rétorque-t-elle.
Toujours est-il que cette cohabitation avec cet homme politique a fait que, même si Adji n’était pas encore active, elle avait piqué le virus de la politique depuis bien longtemps. Abdoulaye Wade, Landing Savané, Idrissa Seck, entre autres, fréquentaient l’oncle alors qu’il était encore dans l’opposition. «J’ai longtemps subi la politique. Je me rappelle même que, déjà en 2000 sans être active, je faisais le tour des bureaux de vote pour voir si les bulletins de mon oncle étaient assez nombreux», se remémore-t-elle.

La syncope à la Faculté de Droit
Carrure relativement forte, teint noir bien caché ce jour-là par le maquillage, la native du Saloum a fréquenté d’abord l’école primaire  du village d’enfants Sos de Kaolack. Une fois l’admission à l’entrée en sixième, elle prend la direction du collège Moustapha Ndiaye puis le lycée Waldiodio Ndiaye. C’est là qu’elle obtiendra le baccalauréat vers 1990. Débute alors une expérience universitaire. A la faculté de droit, «elle aura vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin». Car, à l’heure de passer l’examen, Adji Mergane tombe en syncope sous les yeux de Mbaye Sarr Diakhaté, aujourd’hui journaliste au quotidien national Le Soleil. Est-ce que parce que les articles et leurs alinéas étaient trop compliqués ? Ou en avait-elle trop mémorisé ? Quoi qu’il en soit, cette mésaventure a fait qu’elle a perdu cette année-là.  Et elle aura vite fait de changer de camp. Sa nouvelle destination, le département de Lettres modernes à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Là, la chance lui a souri, puisqu’elle arrive au niveau licence.
Présidente de l’association Protect children, taxawou Xaleyi, elle est active dans le social comme elle l’est dans la politique. «J’ai l’esprit militaire», déclare-t-elle. Pourtant, mê­me si elle ne veut pas l’admettre,  ce «soldat» n’en rêve pas moins d’autres galons : devenir «Général». Pourquoi pas le fauteuil douillet de la présidente et devenir du même coup le «chef suprême» de l’Uds/innovation ? Elle tente, dans  un premier temps, d’éviter la question en louant les «qualités» de Zahra Iyane Thiam, leader du parti, en magnifiant aussi l’esprit de famille qui y règne. Finalement, occuper la tête du parti «n’est pas dans (ses) projets». La menace contre Zahra est écartée ! Pour le moment. Puisque Adji Mergane Kanouté a, comme tout acteur politique, des ambitions personnelles qui sont tout sauf rester un éternel second couteau. Même si elle veut montrer qu’elle n’est pas pressée, le vouloir y est quand même. «Je laisse tout venir de lui-même», concède-t-elle. Mieux, elle fait savoir même que contrairement au Parti démocratique sénégalais où il y a une «constante» et des «variables», l’Uds/innovation est une formation où les gens partent «à chances égales». «Donc, chacun peut devenir, demain, le leader», précise-t-elle.
L’objectif de donner le pouvoir à Macky Sall atteint, l’ex-directrice de campagne de Macky2012 n’a pas encore goûté au gâteau. La «confiance du Président» lui suffit, quoiqu’elle accueille les Locales avec un sourire ? «Je suis en apprentissage. D’ici là, j’aurai beaucoup du temps pour apprendre. Et puis, je peux faire valoir mes compétences dans d’autres secteurs.» Dans la communication par exemple. Elle est responsable marketing et communication dans les télécoms depuis 15 ans. Une expérience qui semble bien l’accompagner. Même si elle se définit comme «assez spontanée» - «les gens arrivent à lire ce que je pense» -  il n’en reste pas moins qu’elle trouve toujours les parades pour éviter les questions sensibles, notamment les attaques et contre-attaques entre les différentes grandes formations de la coalition.

Marième Badiane face à son ancienne élève
En politique, il a toujours existé un choc des ambitions. Un adage wolof, littéralement, dit que deux béliers ne peuvent pas partager le même récipient. Est-ce le cas entre elle et Marième Badiane, la présidente des femmes de l’Apr. Le constat est que celle-ci s’absente aux réunions des femmes Benno bokk yaakaar, à tel point que, dans un communiqué, Mme Kanouté et ses sœurs de coalition l’invitent à jouer «franc-jeu». Adji, elle, se précipite de tout dégager en touche. Elle tient même à polir les relations. «Mme Badiane ne me gêne pas. Je ne la gêne pas non plus. Elle a été mon professeur. Je ne rate aucune occasion pour lui rendre hommage. Elle est une femme d’expérience. On a besoin d’elle.»  
Celle avec qui on est sûr qu’elle n’est pas en compétition est la première dame. Accusée d’être derrière le limogeage de l’assistante du Président Macky Sall, Marième Faye Sall verra sa défense assurée par les femmes de Benno bokk yaakaar. Adji et ses camarades ont fait un Benno (union) autour de la Première Dame. Et c’est pour déclarer, dans un communiqué, que le premier décret du chef de l’Etat devait être la nomination de Mme Faye. Leur gaffe a été suivie d’un cortège de récriminations.
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Jeudi 28 Février 2013
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1.Posté par CLARISSE le 28/02/2013 16:36
lii ci beug promotion kéne meussouko guiss



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