Adama Dieng met en garde contre le risque de "vide juridique" lié aux retraits de la CPI


Adama Dieng met en garde contre le risque de "vide juridique" lié aux retraits de la CPI
Le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a mis en garde contre le "vide juridique" que pourraient créer les retraits de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que "dénoncer le Statut de Rome nuit à la justice internationale pour tous".
 
Le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie ont annoncé leur intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), qui a pour acte fondateur le Statut de Rome, dont le quinzième anniversaire sera célébré au mois de juillet 2017.

"La négociation et l’adoption du Statut de Rome demeurent l’une des plus importantes réalisations du siècle dernier en matière de lutte contre l’impunitéé, a estimé Adama Dieng, dans un point de vue publié dans "The East African" et repris par le Centre d’actualité de l’ONU.
 
Selon lui, "depuis l’adoption du Statut, plus de la moitié des États de la planète sont devenus membres de la Cour. Trente-quatre États parties sont africains, ce qui constitue le plus grand groupe régional à ce jour".

"L’Afrique a tout lieu d’être fière de la création de la Cour, considérée à juste titre comme le début d’un nouveau chapitre de la lutte contre l’impunité et un moyen de tenir responsables de leurs actes ceux qui ont trop longtemps méprisé la vie et la dignité de leur population", a-t-il jugé.
 
Ancien greffier du Tribunal pénal international pour le Rwanda, Adama Dieng déclare que "la Cour était également envisagée comme une institution destinée à compléter les systèmes judiciaires nationaux". 

"On pensait que la Cour pourrait contribuer de façon positive à la transformation politique, sociale et économique en renforçant l’Etat de droit et le respect des libertés et droits fondamentaux du peuple africain", a-t-il expliqué.
 
Il a précisé que "le fait que la plupart des affaires concernant l’Afrique portées devant la Cour l’ont été par des États africains eux-mêmes le confirme". "Cinq des dix enquêtes en cours ont été ouvertes à la suite de la saisine de la Cour par les pays africains concernés", a-t-il poursuivi.
 
Pour Adama Dieng, les idéaux et les valeurs qui ont présidé à la création de la Cour sont toujours d’actualité, quinze ans après l’entrée en vigueur du Statut de Rome.

"Toutefois, en dépit de ces réalisations, la Cour est de plus en plus menacée. Le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie ont tous trois annoncé leur intention de se retirer de la Cour. D’autres États ont menacé de le faire si certaines conditions n’étaient pas remplies", a-t-il relevé.
 
Pour l’essentiel, ces pays estiment que la Cour manque d’équité dans ses décisions en matière de poursuites judiciaires, qui, "aux yeux de certains, visent de façon disproportionnée des dirigeants africains".
 
Pour lui, il s’avère "utile d’engager un franc dialogue entre toutes les parties prenantes afin +de renforcer la confiance mutuelle et la coopération+".
 
Il avertit que "ces retraits pourraient laisser un vide juridique désastreux, qui nuirait à la capacité des victimes d’obtenir réparation pour violations graves de leurs droits fondamentaux".
 
D’après lui, "au lieu de fragiliser la Cour en refusant de la soutenir et de coopérer, les États parties aussi bien que les parties non étatiques devraient unir leurs efforts pour faire de la Cour une institution solide et efficace".
Mercredi 8 Février 2017
Dakaractu




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