Accidents de la route : De la nécessité urgente de revoir le système de transport et du sérieux dans le contrôle des véhicules.


Le nombre élevé des accidents de la route et son cortège de morts a presque fini d’installer la psychose chez les populations. Au plus haut sommet de l’Etat, la question inquiète. Des mesures sont à prendre. Et pour ce faire un conseil ministériel est organisé et des décisions importantes sont prises parmi lesquelles le permis à points. Pour les analystes et autres experts qui ont participé à ce conseil interministériel, le non respect du code de la route est pour beaucoup la cause des nombreux accidents de la circulation. Il est vrai que celui qui ne respecte pas le code doit être sanctionné. Le faisant avec le permis à points il perd sont permis et en principe il ne devra plus jamais en bénéficier ou du moins il sera interdit de conduire au moins pour dix ans. 

Une manière peut-être de limiter les dégâts et de discipliner les chauffeurs ou plutôt les chauffards. La mesure est courageuse. Est-elle suffisante ? Non, selon toute invraisemblance. Pour accompagner la mesure il sera procédé à un contrôle de plus en plus en plus strict et sérieux sur les routes. Mais a-t-on vraiment posé la ou les bonnes questions lors de ce conseil interministériel ? A-t-on vraiment fait la part des choses ? A-t-on véritablement étudié les causes de ces accidents ? Les causes des accidents en milieu urbain sont-elles les mêmes que sur nos routes nationales, là où il y a plus de morts ? Voilà quelques questions, parmi d’autres qui méritent d’être posées. Il existe deux types d’accident : l'accident en milieu urbain, qui fait très peu de morts et les accidents sur les routes nationales avec leur cortège de morts. Pour le premier cas, il est vrai, les causes sont clairement identifiées. Il s’agit pour la plupart de cas d’indiscipline et de non respect du code de la route. Le permis à points aiderait très certainement  à réduire considérablement les accidents. Mais sur les routes nationales les causes sont en plus de l’indiscipline et du non respect du code, une question de méchanceté gratuite et d’inconscience notoire. 

Au début du mois de Décembre 2016 une collision entre un camion et un bus à l’entrée de Koumpentoum (Est) a fait prés d’une vingtaine de morts et cinquante blessés. Interpellé sur les causes de l’accident, le chauffeur qui était sur son lit d’hôpital, avait affirmé : « c’est à cause des phares du camion que le choc a eu lieu ». Pour les habitués des horaires en destination de Diaobé, Casamance, Tamba, qui ne font le trajet que la nuit savent de quoi cela retourne. Eux ils savent que les phares des véhicules, qui ne respectent aucune norme sont la cause de nombre d’accidents sur nos routes.

Et pourtant, ces véhicules dépassent des dizaines et des dizaines de policiers et de gendarmes, qui ne font aucun contrôle sérieux de ces véhicules qui traversent ainsi tout le pays. Le président de la République a dit à Saint-Louis, qu’ « on a dépassé les limites de la tolérance », mais il  ne s’en est malheureusement pris qu'à l’âge des véhicules et a oublié de nommer les policiers et les gendarmes qui sont stationnés sur les routes et qui pensent plus à leur poche, qu’à la sécurité des usagers. La tolérance zéro devrait s’appliquer à eux en premier. Car comment comprendre qu’un gendarme ou un policier ne puisse pas prendre le temps et le soin de contrôler les feux arrière et les phares d’un véhicule en circulation la nuit ?

On a l’impression que ce n’est pas leur problème, car dans un pays sérieux où les contrôles se font sérieusement, on ne badine pas avec ces choses-là. Vous êtes en règle vous passez, vous ne l’êtes pas, vous ne sortez même pas de la gare pour une tolérance zéro, c’est là-bas qu’il faut démarrer. Par ailleurs, les mauvais stationnements de véhicules, parfois en panne sur les routes sans aucun respect des mesures de sécurité, font également des dégâts énormes.

Pour ces cas, Il y a un sérieux problème, car rien ne les oblige à respecter la procédure normale dans pareille circonstance. Les chauffeurs sont obligés de faire avec. D’où la nécessité urgente d’impliquer dans le processus de contrôle les sapeurs pompiers. Pour plus d’efficacité, il faut qu’ils interviennent dans le contrôle routier des véhicules et des chauffeurs avec des outils modernes de suivi du taux d’alcoolémie, de test de sommeil…

Dans chacune des grandes villes du Sénégal, on a des sapeurs pompiers, ils doivent pouvoir intervenir dans le contrôle à l’entrée ou à la sortie de chaque ville. Par ailleurs, ils doivent pouvoir faire des rondes presque toutes les deux heures à 100 km dans un sens comme dans un autre de leur base. Cela pourrait éviter pas mal d’accident et les sapeurs ne seront plus des médecins ...après la mort.     
Mardi 7 Mars 2017
Dakaractu




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