ASSASSINAT DE DEYDA HYADARA : La Gambie lance un mandat d'arrêt contre Ousmane Sonko et plusieurs proches de Jammeh


ASSASSINAT DE DEYDA HYADARA : La Gambie lance un mandat d'arrêt contre Ousmane Sonko et plusieurs proches de Jammeh
La Justice gambienne est sur tous les fronts. Après avoir lancé un mandat d’arrêt contre les assassins présumés de notre confrère Deyda Hyadara, elle vient de mettre un mandat de la même nature qui vise Ousman Sonko, l’ancien ministre de l’Intérieur écroué en Suisse. Par cet acte, la Gambie compte demander son extradition. Sonko est recherché, dans une procédure distincte, sur la mort d’un ancien chef des services du renseignement, Daba Marenah, et d’autres personnes.
Yahya Jammeh, dont le régime est accusé de nombreuses violations de droits humains par des Gambiens et des ONG notamment, est parti en exil fin janvier, après plus de vingt-deux ans à la tête du pays. Il avait contesté sa défaite à la présidentielle de décembre 2016 pendant six semaines face à Adama Barrow, aujourd’hui au pouvoir.
Les procureurs de la Police ont inculpé jeudi dernier Kawsu Camara, un ancien Colonel de l’armée, et Sanna Manjang, déserteur de l’armée, de « meurtre et complot pour commettre un meurtre » dans l’enquête sur l’assassinat de Deyda Hydara.
Les deux hommes en fuite, sont réputés en Gambie avoir été membres des Jungulars (ou Junglers), considérés comme les escadrons de la mort du régime de Yahya Jammeh. C’est la première fois qu’un lien est officiellement établi entre les suspects et l’assassinat de Deyda Hydara, selon des connaisseurs du dossier. Après leur inculpation, la juge Isatou Janneh « a accepté d’émettre le mandat d’arrêt contre les deux hommes », que les autorités « présenteront à Interpol ou au pays où ils se cachent, afin qu’ils soient extradés vers la Gambie », selon la même source judiciaire.
D’après un membre du personnel judiciaire, Sanna Manjang a quitté la Gambie pour la Guinée-Bissau le jour où Yahya Jammeh est parti en exil. Kawsu Camara, lui, a fui la Gambie pour le Sénégal en 2015, après avoir été libéré de prison à la faveur d’une grâce présidentielle. Il avait été arrêté pour un coup d’Etat manqué en 2009, jugé et condamné à mort en 2010. Sa peine avait ensuite été commuée en prison à perpétuité avant sa libération.
La juge Isatou Janneh a par ailleurs émis jeudi un mandat d’arrêt contre l’ex-ministre de l’intérieur Sonko ainsi que huit autres suspects pour la mort de Daba Marenah, ancien Directeur général de l’Agence nationale du renseignement (NIA).
Le 3 mai, la Suisse a annoncé qu’elle prolongeait la détention provisoire d’Ousman Sonko. Limogé en septembre 2016, M. Sonko s’est enfui en Suède puis en Suisse où il a été arrêté en janvier sur dénonciation d’une ONG qui le soupçonne de crimes contre l’humanité. Il est reproché aux suspects d’être impliqués dans la mort de M. Marenah et d’une demi-douzaine de personnes. Tous auraient été exécutés. M. Marenah est porté disparu depuis son arrestation en mars 2006, avec d’autres militaires, pour tentative présumée de putsch.
Samedi 20 Mai 2017
Dakaractu



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