APRÈS AVOIR ACCUSÉ MACKY SALL DE «TRAHISON» : Le Pds appelle au boycott du référendum du 20 mars

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a affirmé, hier, n’être aucunement concerné par le référendum annoncé le 20 mars 2016. Aussi, a-t-il demandé à la société civile et à l’ensemble des formations de l’opposition de s’abstenir en réponse à la décision du Président Macky Sall de maintenir son mandat en cours à sept ans.


APRÈS AVOIR ACCUSÉ MACKY SALL DE «TRAHISON» : Le Pds appelle au boycott du référendum du 20 mars
Après avoir pris son temps pour mûrir sa réponse, le PDS a voulu se démarquer, hier, de la réforme annoncée par le Président Macky Sall. «Le Parti Démocratique Sénégalais considère n’être en rien concerné par le référendum. Aussi, appelle-il les partis politiques, les associations de société civile, les hommes et femmes de toute nature et tous les démocrates à se retrouver pour apporter la réponse du peuple», a d’emblée noté Me Amadou Sall, en lisant le manifeste du parti.
L’ancien ministre de la Justice sous Wade a affirmé ne pas comprendre ce qui fait réellement l’objet d’une réforme : «Les statuts de l’opposition et les libertés fondamentales se trouvent déjà dans la Constitution et on sait que, depuis que Macky Sall est élu, il n’a pas voulu prendre les dispositions liées au statut de l’opposition.»
Les libéraux mettent en garde le Chef de l’Etat «contre toute velléité de prolonger le mandat des députés sous quelque prétexte que se soit, nous considérerons, le cas échéant, qu’il s’agit d’un accaparement du pouvoir».
«On l’attendait sur les principes, la transparence, et les valeurs mais le Chef de l’Etat a manqué à son devoir. Tant il a renié ses engagements et revenu sur la parole donnée au peuple et au monde. Notre pays est déconsidéré à cause de son reniement alors que notre démocratie était partout donnée en exemple», a regretté Me Sall.

Macky Sall : porte-parole du Conseil constitutionnel

Revenant sur le modus operandi, il considère que le Président Sall s’est transformé en porte-parole du Conseil constitutionnel en annonçant son avis et fait passer un simple avis pour une décision que personne n’a demandé et n’avait le droit de prendre.
«Le refus de soumettre au peuple la question relative à la question de la durée du mandat et son application au mandat en cours enlève toute pertinence au référendum parce qu’il apparaît comme un plébiscite à moindre fin», dénonce le PDS dénonce une «pratique politicienne et l’instrumentalisation de nos institutions avec l’unique but de contourner la volonté du peuple et de sanctionner ceux qui ont précipité notre pays dans une indicible pauvreté et gouvernent dans l’opacité et l’affairisme.»

«On ne peut renforcer l’Etat de droit en refusant de respecter les décisions des juridictions internationales»

Le porte-parole du jour d’avertir : «Le peuple ne peut être diverti par un référendum sans raison dont la date n’est choisie que par intérêt politicien». Pour lui, le choix de la date du référendum est un manque de considération parce que c’est un moment où une partie importante de la communauté religieuse est concentrée dans le Carême et le dimanche des Rameaux.
Brossant l’affaire Karim Wade, Me Amadou Sall dira : «On ne peut renforcer l’Etat de droit en refusant de respecter les décisions des juridictions internationales et d’appliquer les avis du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire. Comment peut-on prétendre élargir les libertés fondamentales alors que le candidat qui était prédestiné à notre partie aux élections de 2017 reste un otage entre les mains d’un Président qui veut se faufiler jusqu’en 2019.»
Vendredi 19 Février 2016
Dakaractu




Dans la même rubrique :