AIBD Contentieux autour de 63,8 milliards : Les sales bombes de Bin Laden

Habituée à faire un chantage à la livraison sur les autorités sénégalaises, la société saoudienne a obtenu, non seulement une prolongation des délais de livraison de l’aéroport, mais en plus une rallonge financière des plus importante. Malheureusement, sa dernière tentative a du mal à passer parce que non justifiée techniquement ou financièrement.


AIBD Contentieux autour de 63,8 milliards : Les sales bombes de Bin Laden
Les travaux sont quasiment à l’arrêt sur le chantier de l’aéroport de Diass. Des témoins disent que la plupart de machines tournent au ralenti, et c’est à peine si l’on voit de petits groupes d’ouvriers s’affairer. Et des personnes mieux informées ajoutent que les Saoudiens de la Saudi Bin Ladin group (Sbg) ont trouvé ce moyen de freiner le boulot en voulant faire croire que les choses ne relèvent pas de leur responsabilité et que c’est l’Etat sénégalais, à travers ses différents représentants, qui ne s’est pas acquitté de ses devoirs et ainsi a conduit à ce blocage.
 
Manifestement, les Saoudiens ont compris que la réalisation de l’aéroport Blaise Diagne de Diass est devenue un enjeu prioritaire pour les dirigeants sénégalais. Actuellement, tous les travaux d’infrastructures engagés par le gouvernement de Macky Sall ont pour point de convergence l’aéroport de Diass. La viabilité de la nouvelle agglomération de Diam­niadio, le nouveau train à grande vitesse, ou même l’autoroute Touba-Thiès, sans parler du prolongement de l’autoroute Dakar-Diamniadio, tout cela n’aurait pas grande valeur sans l’accroissement du trafic que devrait générer la fréquentation de la nouvelle structure aéroportuaire. Et on ne parle pas de réceptifs hôteliers qui pourraient venir s’y greffer. Alors tous les moyens de chantage sont bons, s’ils parviennent à produire le résultat escompté.
 
Des artifices sous forme d’avenants
Depuis le démarrage des travaux en décembre 2007, l’entreprise Sbg a utilisé tous les artifices, parvenant ainsi à faire passer le montant des travaux de l’aéroport, de 229,244 milliards de francs Cfa à plus de 320 milliards de francs Cfa, sans que le chantier ne soit pour autant livré. Ces artifices ont été traduites sous forme d’avenants au contrat, dont trois ont été passés entre 2007 et 2012, et qui ont permis à Bin Ladin group d’encaisser près de 87 milliards de francs Cfa, alors que les délais de livraison du chantier étaient repoussés d’autant.
A l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les Saoudiens ont introduit un autre avenant, le quatrième. En mai 2012, ils réclamaient plus de 17 milliards de Cfa et ont bloqué les travaux, soutenus par les bailleurs de fonds qui ont conditionné leurs décaissements au règlement du contentieux. Ensuite, en août de la même année, Sbg a porté sa réclamation à 56,170 milliards et les travaux étaient par conséquent prolongés de 24 mois supplémentaires.
Mais cette fois-ci, la société de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a exigé le paiement des indemnités de retard prévu par contrat. Ces indemnités sont plafonnées à 5% du montant du marché, soit 15,087 milliards de francs Cfa. Néanmoins, faute d’accord sur les différentes réclamations, les bailleurs sont intervenus pour permettre de débloquer le chantier et de continuer les travaux. Les négociations avaient permis aux travaux de reprendre, quitte à prolonger le délai de livraison au début du mois de novembre 2014. Tenant compte de ce nouveau délai, la partie sénégalaise avait planifié le premier vol depuis l’aéroport à juillet 2015. Mais c’était sans compter avec la duplicité des dirigeants de Sbg.
Cette fois-ci, c’est le 13 août 2014 que Sbg a transmis à Aibd Sa une réclamation pour la conclusion d’un avenant dit n*5. Cette fois-ci, les Saoudiens réclament un peu moins de 64 milliards de francs Cfa, sous différents prétextes. Il s’agirait, entre autres, de la majoration des coûts d’exploitation, du retard dans le paiement des décomptes, des coûts découlant d’extension de garantie pour le matériel, du taux d’inflation, des réclamations de ses sous-traitants et de ses fournisseurs, ainsi même que de la modification de conception des fossés.
La partie sénégalaise a remarqué que cette réclamation est intervenue quelques mois avant l’échéance de novembre 2014 prévue par Sbg pour la livraison du chantier. Des fonctionnaires du ministère de l’Economie, des finances et du plan en ont déduit que c’est parce que Sbg savait qu’elle ne pouvait respecter cette échéance qu’elle a invoqué ce blocage pour rejeter les raisons du retard sur le maître d’œuvre. Néanmoins, à Aibd Sa, on estime que la partie sénégalaise s’est parfaitement acquittée de ses devoirs, et que la société «ne saurait être responsable des coûts d’exploitation d’une entreprise défaillante. De même, Aibd ne saurait être tenue pour responsable des réclamations des sous-traitants dont elle ignore comment les contrats ont été négociés».
Dans ces conditions, Sbg ne veut pas aller en arbitrage comme le demande le maître d’œuvre. Ce dernier avait donné à l’entreprise une mise en demeure jusqu’au 26 août pour reprendre les travaux ou alors d’aller en arbitrage. Prenant prétexte du décès qui a frappé des proches du Pdg de l’entreprise, Sbg a obtenu la levée de la mise en demeure et qu’une rencontre de haut niveau se tienne aussitôt que possible, qui permettrait de surmonter les derniers couacs.
En effet, le chantier est quasiment en niveau de finition. Toutes les parties s’accordent à reconnaître que 85% du projet est bouclé, même si l’Etat du Sénégal a payé plus que le projet n’a été physiquement réalisé sur le terrain, il serait donc malheureux que la gourmandise des Saoudiens en vienne à faire bloquer les décaissements, et par conséquent, la réalisation des travaux.
 
Construction de l’aéroport de Diass
Un effort de tout le peuple sénégalais
Chaque Sénégalais a d’une manière ou d’une autre contribué à l’érection de l’aéroport de Diass, aux côtés de tous ceux qui ont une fois pris leur avion à partir de Dakar.
Tous les Sénégalais ont chèrement payé la réalisation de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). A cause de ce projet, les coûts du billet d’avion entre Dakar et le reste du monde ont connu une forte augmentation. C’est en effet par la mise en place d’une Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (Rdia) que le président Abdoulaye Wade a trouvé le moyen de financer la construction de cet aéroport qui lui tenait à cœur. Cette Rdia sert de garantie à un emprunt contracté auprès d’un pool de bailleurs pour la réalisation de cet ouvrage.
L’argent collecté par tous les opérateurs aéroportuaires de l’aéroport de Dakar est inclus dans le prix du billet d’avion pour un vol à partir de Dakar. Les montants collectés sont versés dans un compte séquestre ouvert dans les comptes de la Bnp Paribas.
Toutefois, il a été noté que l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) n’a jamais reversé 3,5 milliards de francs, de même que la compagnie Senegal airlines, qui doit un peu plus d’un milliard de francs Cfa à ce titre. Ce blocage dans le recouvrement de ces montants a un moment donné prétexte aux bailleurs pour qu’ils refusent de verser les décomptes au constructeur, donnant à ce dernier d’autres prétextes pour ne pas s’acquitter de ses devoirs contractuels. Jusqu’à ce que l’Etat accepte de composer.
 
lequotidien.sn
Samedi 22 Août 2015
Dakaractu




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