ABDOULAYE NDIAYE THIOSSANE : Le doyen des artistes Thiessois mérite vraiment une plus grande reconnaissance

Le Président poète, Léopold Sédar Senghor, grand admirateur de Abdoulaye Ndiaye Thiossane, enseignait : « l’homme est une part de génétique et une part de culturel, pour construire un pays il faut ressouder cette part du culturel ».


ABDOULAYE NDIAYE THIOSSANE : Le doyen des artistes Thiessois mérite vraiment une plus grande reconnaissance
Le nom de Ablaye Ndiaye Thiossane évoque chez les anciens des souvenirs d’un Sénégal à peine sorti des griffes de la colonisation et qui cherche sa voie en convoquant la culture de ses ancêtres : le festival mondial des arts nègres. Adepte de l’art plastique, particulièrement du dessin et la peinture, grand connaisseur de la musique classique française, arabe, indienne et soviétique, Abdoulaye Ndiaye égrène, non sans fierté et avec précision, les différentes étapes de sa longue et riche carrière. Né le 3 février 1936 dans le village de Sam situé dans le département de Tivaouane. L’homme se découvre une passion pour le dessin dès l’adolescence. A 14 ans, il commence à s’exercer en copiant les affiches de films. Il est séduit par la musique interprétée au cinéma. Il découvre les plus grandes vedettes du 7ème art. Il s’inscrit en 1962 à l’Ecole nationale des arts pour se perfectionner en dessin et devenir artiste plasticien. Parmi ses éminents professeurs, on retient un certain Iba Ndiaye. Abdoulaye Ndiaye dévoile son talent au Théâtre national Daniel Sorano, à l’Ecole nationale des arts (ENA) et à la Manufacture des arts décoratifs (MSAT) de Thiès. L’artiste salue encore l’amour et la considération que le Chef de l’état d’alors, le président Léopold Sédar Senghor manifestait pour tout ce qui touche à la culture : « Senghor accordait une attention particulière à la culture sénégalaise, lui qui disait que la culture est au début et à la fin du développement. Le président Abdou Diouf m’a intégré dans l’orchestre national et m’a élevé au rang de Chevalier dans l’ordre national du Lion. Quant au président Wade, on s’est connu à Thiès, il habitait le quartier Aiglon. Il m’a reçu avec tous les honneurs et d’ailleurs j’ai été impliqué dans le Fesman et élevé au rang de Commandeur de la Légion d’Honneur ». Ablaye Ndiaye a suivi des cours d’art dramatique, ce qui lui a permis de côtoyer de grands artistes comme Abdoulaye Douta Seck, Doura Mané ou encore Djibril Diop Mambety. En 1964, il monte l’orchestre ‘’le Thiossane Club’’, un groupe dont l’option était de valoriser le patrimoine immatériel sénégalais, notamment wolof. Il fera aussi les beaux jours du Royal Band. Le directeur de l’Ecole nationale des arts d’alors, Alioune Diop, le présente à celui de Radio Sénégal, Ibrahima Mbengue, au moment où le premier Festival mondial des arts nègres était en préparation. Il gagne le prix de l’hymne du festival en interprétant ‘’Taal Lène Lampe Yi’’, une vieille chanson tirée des Fanals de la ville de Saint-Louis. Le succès est là. Abdoulaye Ndiaye retourne à Thiès, sa région natale, en 1967 pour s’adonner à la peinture sur carton. C’est le début de cette longue traversée du désert. Ignoré et écarté du 3ème festival mondial des arts nègres de décembre 2010, il ‘’range’’ la musique pour se consacrer à la peinture. Mais celle-ci ne lui apporte pas de revenus substantiels, juste de quoi subvenir à des besoins essentiels : nourriture, eau, électricité, l’éducation de ses neuf enfants (huit filles et un garçon). En référence à son âge, on n’hésiterait pas à le surnommer le sage de la musique sénégalaise. Il est à la fois peintre et chanteur, suffisant pour prendre ses conseils au sérieux. Aux artistes de ce pays, il demande de faire leur autocritique : « J’exhorte la nouvelle génération à se forger davantage et à être créatif ». Le quadragénaire, passionné de cinéma qui lui a appris à lire, à écrire et à parler français, souhaite de tout cœur la fin des guéguerres, de la concurrence déloyale et l’union des artistes.

Aujourd’hui que les fredaines de nos élites politiques et religieuses occupent l’espace publi, la nation gagnerait beaucoup à se souvenir des icônes de l’art et de la culture pour retourner boire aux sources des lamantins. Nos gouvernants locaux doivent imaginer la création d’une fondation Abdoulaye Ndiaye Thiossane pour promouvoir l’art cayorien :
Le « Tarou Cadior » si riche et si varié. L’homme fait partie des stars qui ont fait de Thiès un grand foyer de l’art et de la culture. Et ce, dans les domaines de la peinture, de la musique, de la tapisserie, du théâtre et de la mode.

Thiesinfo
Lundi 23 Mai 2016
Dakaractu




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