ABDOUL MBAYE, CHEF DU GOUVERNEMENT : «Je ne suis pas de l’Apr et je n’ai pas demandé à être nommé Premier ministre»


ABDOUL MBAYE, CHEF DU GOUVERNEMENT : «Je ne suis pas de l’Apr et je n’ai pas demandé à être nommé Premier ministre»
Après une interview avec Abdoul Mbaye, on a envie de dire au monde : arrêtez de le prendre pour ce qu’il n’est pas. Car, l’actuel Premier ministre du Sénégal, qui essuie les critiques les plus acerbes venant de sombres animateurs d’un mauvais débat sur les hommes, n’est pas cette personne que ses pourfendeurs présentent dans les médias comme un homme éloigné des réalités du pays. Abdoul Mbaye est un…Sénégalais authentique. Et dans cette interview décalée où il n’a pas voulu trop parler politique, le chef du gouvernement se raconte comme il ne l’a jamais fait. Son enfance, sa famille, la religion… Pape, comme l’appelait feu son père, le juge Kéba Mbaye, parle de tout.



Pouvez-vous nous parler de votre enfance ? Que retenez-vous de cette période de votre vie?

Selon mes parents, j’ai toujours été un enfant sage. Cela, au point de n’avoir jamais été battu par mon père, qui était pourtant un homme très sévère. Je suis peut-être le seul dans la famille à ne pas avoir reçu sa gifle ou son coup de ceinture. J’étais aussi timide, à tel point que j’ai parlé très tardivement. Mes parents ont pensé, à un moment donné, que j’étais peut-être muet.



Sérieusement ?

Ah oui ! C’est un fait qui peut être confirmé.



A quel âge avez-vous commencé à parler?

Je pense que j’avais plus de 3 ans. J’étais vraiment un garçon timide, sans problème. J’étais totalement l’opposé de mon jeune frère, Cheikh Tidiane…



Le «monsieur la gaffe» de la famille ?

Ah oui ! Il était turbulent, bagarreur. Lui par contre recevait souvent des gifles de papa.



Il paraît que vous étiez le grand frère qui veillait sur ses petits frères et petites sœurs ?

(Un peu étonné, il sourit) En fait, le système d’éducation de papa reposait sur un rôle dévolu à l’aîné. C’est vrai que j’avais une grande sœur, feue Aminata Mbaye. Mais je suis quand même l’aîné des garçons et il (son père) m’a mis dans un rôle de chef de la fratrie. Et c’est vrai que j’assumais cette responsabilité.



Est-ce à dire que vous étiez prédestiné à diriger ?

Non ! Disons que mon père m’a appris le sens des responsabilités. Il l’a aussi enseigné à mes frères et sœurs, mais dans d’autres logiques. Par contre, il y a une chose qui m’a servi et que je peux mettre en rapport avec les responsabilités qui sont venues plus tard quand je suis devenu chef d’entreprise. Il m’a toujours dit : «Tu es l’aîné, à toi de montrer l’exemple.» Evidemment, cela lui a facilité les choses par la suite. Il disait aux autres : «Faites comme Pape.» (Nostalgique, il baisse la voix) Il m’appelait Pape. Et cela m’a servi. Parce que je crois que trop souvent, les leaders se trompent en considérant qu’ils sont dans une armée où les galons suffisent pour donner des ordres et les faire exécuter. Moi, ma conviction est qu’il faut montrer l’exemple et seulement après, donner des instructions propres à entrainer les autres dans votre sillage. Je crois que sur ce plan, cela m’a beaucoup aidé.



Il paraît qu’à l’époque vous dirigiez les réunions avec beaucoup d’entrain. Vous restiez debout et teniez à ce que cela ne dépasse pas 15 à 20 mn ?

(Il rigole) Disons qu’il faut se fixer des objectifs et tout faire pour les atteindre. Cela commence par l’heure de démarrage de la réunion. Par exemple ce matin (l’interview a été réalisée mercredi dernier), je suis arrivé avec 7 minutes de retard et j’ai présenté mes excuses, parce que ce n’est pas habituel. Et il faut également donner aux réunions de l’efficacité en essayant de les tenir dans un délai raisonnable. Aujourd’hui, par exemple, on a eu une réunion de coordination avec l’ensemble des agents de la Primature. Après cela, on a eu une autre réunion interministérielle sur la planification et le suivi des projets. On vient également d’achever une autre réunion interministérielle consacrée à l’administration territoriale. Si jamais vous ne vous fixez pas des objectifs de durée, c’est parfois difficile, vous perdez en efficacité. Du reste, je ne peux pas aujourd’hui me comporter comme je l’ai fait parfois quand j’étais chef d’entreprise et dire : «La réunion est terminée !» Je suis obligé de mener les choses à terme, en acceptant parfois certains dérapages.



Avec toutes ces responsabilités depuis votre jeunesse aviez-vous l’occasion de vous amuser ?

J’ai même été un fêtard, si vous voulez savoir (il éclate de rire). C’est vrai, j’ai été l’un des meilleurs danseurs de salsa de Dakar.



Paraît-il ?

En classe de première ou terminale, pendant les vacances, je me couchais tous les jours à 5 heures du matin. J’étais dans les boîtes de nuit en train de m’amuser. J’ai vécu ma vie hein !



Donc le Dakar by night, vous connaissez ?

Le Dakar by night de l’époque, oui ! (Il éclate de rire) C’était le Soumbédioune, avec le Baobab… Celui-là j’ai connu.



Maintenant, c’est fini tout cela ?

Ah oui ! Maintenant, c’est fini.



Ne vous arrive-t-il pas, de temps en temps, de sortir ?

Disons…(il réfléchit) pour écouter de la bonne musique, oui ! Mais danser pour épater les jeunes filles, non. Ça c’est terminé.



Donc lorsque vous vous mettiez en piste c’était plus pour épater les jeunes filles ?

On est toujours dans des démarches de séduction hein ! On prend plaisir et on essaie de ne pas rentrer seul (il éclate encore de rire).



Quels sont vos loisirs d’aujourd’hui ?

Disons que j’ai des loisirs, mais ils sont différents. Le sport est resté, je ne joue plus au football comme je le faisais à l’époque, ni au tennis, mais je fais du golf. Je regarde encore des films, quand on attire mon attention sur des films de qualité. J’essaie de lire un peu, disons au delà des parapheurs et des notes que je suis obligé d’ingurgiter, je vais au restaurant…



Ah, quand même ?

Quand même, j’essaie d’avoir des sorties de famille.



En parlant de lecture, quel est votre livre de chevet en ce moment ?

Je lis un ouvrage que le ministre Mamadou Lamine Loum m’a offert… Malheureusement, j’ai oublié le nom de l’auteur, mais c’est consacré à l’analyse de certains versets du Coran et surtout l’analyse des lettres inexpliquées qui commencent certaines sourates du Coran.



Ramadan oblige ?

Pas forcément, c’est un ouvrage qu’il m’a offert et, comme je le sais très curieux intellectuellement, c’est également par curiosité que j’ai commencé à le lire. Ce qui m’a permis d’ailleurs de chercher sur internet et de trouver des textes sur le chiffre 19 et le Coran en général…



Qu’avez-vous trouvé dans ces textes ?

Vous devez savoir que le chiffre 19 supporte toute l’architecture du Coran. Avec ce chiffre, on découvre des choses très simples et extraordinaires. Quand vous avez le nombre de sourates, vous pouvez le diviser par 19. Quand vous avez le nombre de versets, vous pouvez le diviser par 19. Quand vous avez le nombre de «Basmalah», parce qu’il y a une sourate qui ne l’a pas, vous pouvez le diviser par 19, parce qu’il y a en une qui en a 2. Quand vous prenez chaque lettre de la Basmalah, «bismi lahi rahmani rahimi »… chaque lettre est divisible par 19. Il y a des choses extraordinaires… Je vous conseille d’ailleurs de tapez sur internet «le chiffre 19 et le Coran» et vous verrez des choses extraordinaires, qui vous édifieront sur le caractère divin du Coran.



Vous êtes un croyant…

Oui !



Quand avez-vous appris le Coran. Très tôt, pendant votre enfance, ou en tant qu’adulte?

Comme tout le monde, pendant les vacances, on se rendait à Kaolack chez les grands parents et on apprenait le Coran. Evidemment, à la maison, je n’ai pas arrêté, j’ai continué. Là par contre, j’ai suspendu. Mais surtout, j’ai essayé sur le tard de comprendre et de lire avec plus de facilité parce que je n’aime pas réciter sans comprendre.



Vous pratiquez aussi ?

Bien sûr, je fais les cinq prières. Je suis El Hadj (nom donné à quelqu’un qui a fait le Hadj, Ndlr). On ne m’appelle pas El hadji Abdoul Mbaye, mais j’ai fait le Hadj.



En quelle année Avez-vous fait le Hadj ?

C’était en 1995 et j’y suis retourné. J’ai fait trois fois le pèlerinage à La Mecque. J’ai aussi fait plusieurs fois la Oumra.



Vous dégagez l’image d’un intellectuel occidentalisé, alors que là, vous vous montrez plutôt ancré dans votre religion…

Ce n’est pas incompatible et très sincèrement, la religion est un pilier très important de ma personnalité et de ma vie. D’abord, dans ma conception de la gestion de mes responsabilités, je fais le maximum en tant qu’humain, et pour le reste, je m’en remets au Bon Dieu. Et jusqu’à présent, ça m’a réussi, donc je continue. Quand je suis sûr d’avoir fait le maximum en tant qu’humain - parce que je me lève à 5 h du matin, je rentre très tard épuisé, je bosse, je bosse jusqu’au milieu de la nuit - le reste, je le laisse entre les mains de Dieu. Je Lui tends les mains, Lui demande de m’aider à assurer la réussite de ma mission. Mais il ne faut pas demander la réussite à Dieu sans avoir accompli sa part. C’est ma philosophie de l’action. Et ça m’aide dans la résistance… Parce que ce n’était peut-être pas le cas avant… Mais aujourd’hui, je constate que pour affronter les attaques dont vous pouvez faire l’objet, le vrai support c’est Dieu. Je n’ai jamais demandé à être ici (à son poste de Premier ministre), mais je suis là. C’est le bon Dieu qui l’a voulu, car personnellement, je ne l’ai pas cherché…



Vous n’avez jamais cherché à être Premier ministre du Sénégal, qui vous y a obligé alors?

Je considérais avoir suffisamment travaillé. J’avais décidé qu’à 55 ans, j’arrête. Je me consacre à autre chose, plus jamais à des fonctions exécutives, donc je pouvais être président d’une société, mais plus jamais Président directeur général ou Administrateur général. J’ai vécu ainsi pendant 3 ans quand même et cela me convenait très bien. Mais le président de la République a porté son choix sur ma personne quand il a souhaité disposer d’un Premier ministre. J’ai considéré qu’il fallait que j’accepte et je me suis lancé dans l’aventure. Mais pour revenir à cela, je n’étais pas demandeur. Aujourd’hui, je suis dans la fonction, grâce à la confiance du Président Macky Sall, mais c’est le bon Dieu qui en a décidé ainsi. Le jour où Il décidera que c’est terminé, ce sera irrévocable. Je n’ai nullement peur de quitter cette fonction et ceux qui veulent me pousser à la sortie, vont s’épuiser. Parce que pour moi, cela ne dépend pas d’eux. On ne me verra jamais dans une attitude de protection de mon fauteuil, jamais ! Donc c’est de l’énergie que j’économise et que je consacre à autre chose.



Donc vous êtes conscient qu’il y a des personnes qui lorgnent votre fauteuil ?

Cela ne m’émeut pas, ne m’ébranle pas, ne me détourne pas de mon objectif principal, qui est de me mettre à la disposition du Président pour cette mission.



Justement, en parlant du Président, il est aujourd’hui votre boss, alors que vous n’aviez pas l’habitude d’en avoir. Comment…

(Il enchaîne) C’est vrai que c’est quelque chose de nouveau. Quand vous dites boss, c’est très orienté, par contre «kilifa», oui ! J’ai toujours accepté une autorité de référence. Aussi, suis-je à l’aise dans les fonctions de Premier ministre avec un Président au-dessus de moi. Au moment d’accepter la fonction, j’avais intégré tout cela. Je sais que je suis en charge d’exécuter une politique définie par le chef de l’Etat, tout comme quelque part, en tant que chef d’entreprise, j’exécutais des politiques pour les mener à bien, à la satisfaction de l’assemblée des actionnaires.



N’est-ce pas cette philosophie qui fait que l’on vous a reproché une certaine liberté dans vos communications, allant jusqu’à soutenir que le Président vous a rectifié ?

Non ! Je n’ai pas été rectifié. Je peux vous assurer que rien ne me détournera de la vérité. Parce que «Wa tawa saw bil hakh, wa taw saw bil sabri». Je considère que le bon musulman est quelqu’un qui dit la vérité et qui sait faire preuve de patience. Vous savez, ne pas dire la vérité, cela finit toujours par vous rattraper. Dire la vérité, bien sûr pas en toute circonstance et avec des mots violents, mais il faut dire ce qui est possible. Il est possible de baisser les prix dans certaines limites, mais il n’est pas possible de le faire sur tous les prix. En économie, quand tous les prix se mettent à baisser, cela devient une déflation et c’est la grande crise. C’est ce qu’il y a de plus grave. Les prix ont leur logique. Ce que l’on fait, c’est contrôler l’inflation, la hausse des prix. Nous sommes dans une économie qui est parfois imparfaite, des marchés qui sont parfois imparfaits. Il est possible par la structure des prix, de les réviser. Par exemple, si on constate qu’il y a un monopole qui a pour conséquence de créer une marge anormale sur un produit, à ce moment là, on peut corriger et baisser le prix. Mais on ne peut pas, tout d’un coup, baisser le prix du transport ou celui du pain. En juin-juillet, juste après 4 mois de pouvoir, on nous dit : «Vous n’arrivez pas à régler le problème des inondations.» Sans s’apercevoir que c’est un problème dont on a hérité et qu’on ne réglera que sur la durée. On ne le réglera pas pour tout le monde. Ceux qui ont construit dans des zones de lacs, il faudra qu’ils déménagent. C’est la stricte vérité.



En tenant ce genre de discours, ne prenez-vous pas le risque de perdre votre électorat, d’autant que paraît-il, vous êtes entré en politique et vous faites partie des cadres de l‘Alliance pour la République (Apr)?

Je ne suis pas entré en politique.



Vous n’avez pas intégré l’Alliance Pour la République (Apr) ?

Ce sont vos confrères qui l’ont dit et vous savez qu’ils n’ont pas le monopole de la vérité (il rigole). Je ne suis jamais entré en politique. Je vais même être plus clair, le président de la République m’a interdit d’entrer en politique. Et je n’en ferai pas, parce que c’est mon chef. (Il insiste) Je ne fais pas de la politique. Je ne suis pas de l’Apr, je n’ai de carte d’aucun parti.



Mais vous pouvez faire de la politique dans le sens noble du terme…

Oui ! Mais la politique partisane, non je ne la fais pas. Si le président de la République me l’avait demandé, je l’aurais fait, mais bien au contraire, il me l’a interdit.



Pourquoi le président de la République vous a-t-il interdit cela ?

Cela se comprend, il est à la tête d’une coalition, il était important pour lui d’avoir quelqu’un de neutre. Pour l’instant en tout cas.



Aujourd’hui, devenu époux et père de famille, vous arrive-t-il de faire comme feu votre père ?

Les gestes… Regardez, là je suis en train de passer ma main sur mon genou. Je sais que mon père aimait bien faire cela. Mais ceci dit… (Il hésite) non pas forcément. En tout cas, je ne m’en rends pas compte. Par contre, effectivement, il reste une référence pour moi, dans les attitudes à avoir, le propos, la démarche etc.



Et dans la manière d’éduquer les enfants, de tenir les rênes de la famille?

Je suis obligé de partager les responsabilités. Aujourd’hui chacun joue un rôle. On se répartit les tâches, cheikh Tidiane, moi et mon beau-frère. Mais il (son père) avait tenu à une chose et cela on l’a conservé, la cohésion de sa «tribu» (son papa appelait la famille, la tribu, Ndlr). Samedi dernier, par exemple, on s’est tous retrouvés à la maison familiale, comme on le fait au moins une fois pendant le Ramadan pour un «Ndogou» avec la maman, jusqu’au plus petit de ses petits-fils.



Dans une ambiance toujours bon enfant?

Une ambiance familiale, mais aussi avec un conférencier et ami, qui délivre un message en rapport avec le jeûne, l’Islam et la famille.



Et au sein de votre famille, dans le sens restreint du terme, comment cela se passe-t-il ?

Les grands sont tous hors du Sénégal en train d’étudier ou de travailler. Sauf la plus jeune, qui va avoir 7 ans.



Elle doit être la princesse de son papa ?

Ah oui (rire), c’est exactement le cas.



Est-elle consciente de votre statut de Premier ministre ?

Ah oui ! (Tout sourire, sur un visage rayonnant de bonheur) D’ailleurs, je me rappelle le jour où on devait aller à notre école primaire. C’était un samedi matin, elle me dit : «Papa tu vas où ?» Je lui réponds : «Je vais à l’école.» Elle éclate de rire avec un : «Hé ! Papa, il va à l’école !» On se met à table pour le petit déjeuner et là, elle me dit : «Mais tu n’es plus Premier ministre ?» Parce que dans sa tête, si je retourne à l’école, c’est que je cesse d’être Premier ministre. Je lui réponds : Je suis toujours Premier ministre, elle lance : « Ah ! ça me rassure !» (Il éclate de rire). Elle est incroyable ! Et je lui ai dit que je ne suis pas Premier ministre pour toujours ! Un jour, cela va s’arrêter.



Comme quoi les enfants sont beaucoup plus conscients des responsabilités de leurs parents que l’on peut se l’imaginer ?

Eh oui ! Et puis elle a constaté un changement, avec les gardes du corps, les mouvements à la maison et peut-être aussi le regard des autres a changé.



Vous êtes aussi polygame ?

(Un brin taquin) Oui! En bon Sénégalais, musulman… (Rires)



Voulez-vous dire qu’un bon Sénégalais, musulman doit être polygame ?

Je dis que ce n’est pas contradictoire. Et d’ailleurs, la majorité des Sénégalais le sont.



Ne craignez-vous pas la foudre des féministes en disant cela ?

Il y a les femmes féministes, mais il y a aussi les autres femmes, qui pensent qu’un homme doit avoir 2-3-4 épouses et peut-être même plus et celles-là sont beaucoup plus nombreuses. On est en démocratie (rire). Et d’ailleurs, je pense que le souci de la grande majorité des femmes est d’avoir un mari. Et comme les femmes sont généreuses à l’égard de leur genre, elles se soucient aussi de ce que toutes les femmes trouvent un mari. Et, s’il n’y a pas assez de maris ? (Rires) Je vous rappelle que les femmes sont plus nombreuses que les hommes, rien que sur le plan statistique. En fait, la femme qui ne veut pas de la polygamie est celle qui est déjà mariée et en première position. Celles qui ne le sont pas encore, souvent, elles ne rejettent pas ce choix, celles qui viennent en 2-3-4ème position non plus. Et elles deviennent facilement majoritaires. La polygamie est une solution pour beaucoup (rires). Par contre, je vais vous dire que pour mon cas, c’est venu par surprise. C’est-à-dire : jamais, jamais, jamais de ma vie, je n’ai pensé que je deviendrais un jour polygame. Mais je ne regrette pas.



Vous paraissez très taquin avec les femmes…

Pas seulement avec les femmes. Je le suis avec tout le monde. Mes amis me le reprochent souvent.



Comment passez-vous une journée de ramadan ?

Je passe une journée très pleine. Qui commence un tout petit peu plus tôt que d’habitude. Vers 5h du matin, on me prépare mon «kheud».



Avec quoi au menu ?

Pas grand-chose par rapport à mes premières années de jeûne. Quand j’ai fini mes études et que je suis revenu de la France et que j’ai commencé à jeûner, j’étais persuadé qu’il fallait manger beaucoup pour tenir. Mais j’étais malade toute la journée (rire). Maintenant, c’est léger. Je prends des fruits, des céréales, du yaourt, du café, 2 tartines et un verre d’eau.



Vous n’avez commencé à jeûner que lorsque vous êtes revenu de vos études ?

Quand j’étais au lycée, je jeûnais quelques jours, mais pas tout le mois. C’est quand je suis rentré, après mes études à Paris pour travailler à la banque centrale que j’ai vraiment commencé à jeûner.



Et après le «kheud» ?

Je quitte la maison pour aller travailler à 7h30. Entre 14 et 15 heures, comme je n’habite pas loin, je vais prier. Je reviens travailler et j’essaie quand même d’être à la maison pour couper le jeûne. Souvent, j’ai 2 ou 3 audiences à domicile, je fais mes Nafilas (prières surérogatoires). Et puis vers 23h-23h 30, je vais me coucher. Le dimanche, j’essaie de me requinquer en faisant une longue sieste qui peut durer 3h.



Qu’aimez-vous manger au «ndogou» ?

Pour le «ndogou», c’est assez stéréotypé. Je commence avec des dates, mais pas n’importe lesquelles. Je les aime bien charnues, bien transparentes, j’en prends 4 ou 5 au moins et une grosse tasse de thé à la menthe, le «shaï» qui est très léger. Après, c’est des canapés avec du thon, saumon, de petits fatayas. Je prie, parce qu’il faut prier vite aussi. Après la prière, je poursuis avec une soupe reconstituante. Par contre, je reporte mon dîner à plus tard, après mes nafilas.



Pour le dîner c’est le «cebu jën» ou…?

Ça varie. Pas trop de «ceb», parce que cela alourdit trop. Peut-être de la viande, du poisson et souvent, des pâtes pour les sucres lents.



N’êtes-vous pas un gourmand?

Je l’ai été, mais maintenant, beaucoup moins. Je suis plutôt sélectif. Je dirais que je suis plus gourmet que gourmand.

PAR MAME SIRA KONATÉ - Lobservateur
Vendredi 2 Août 2013
MAME SIRA KONATÉ - Lobservateur




1.Posté par julome le 02/08/2013 12:18
Eywaye notre premier ministre waye ce que j'aime dans vous est que vous êtes correct un homme d’état doit l’être et surtout vous ne faite pas le masla qui met notre économie à genou !!! Heureusement que vous ne baptiser pas vos cheval

2.Posté par helenaicha. le 02/08/2013 12:48
toubab........ on est fier de vous.....

3.Posté par PAPE DIENG le 02/08/2013 13:18
je suis content de vous mais je tiens à préciser que le PROPHETE rompait son jeu avec un nombre impaire de dattes 3,5oubien 7merci

4.Posté par deuggggg le 02/08/2013 15:46
wakh fegn

5.Posté par tapha le 02/08/2013 17:07
interview bi takh neu ma gueune ko respecter tien bon abdoul mbaye yalnala yala diapalé

6.Posté par Igueye le 04/08/2013 10:12
Je n'ai jamais fait de la politique et ne le fera jamais avec d'autre que lui .Mais en bon observateur,tous les senegalais intégres , honnetes qui aimeraient que leurs futurs descendants vivent dans un cadre ou le mérite prime, un bon cadre ou regnera la justice et la paix,pour aller concurencer les plus grandes nations de ce monde....Devraient soutenir ardement, ou rigoureusement le duo Maky sall &Abdou mbaye.C'est une chance que le BON DIEU nous a donnée,ne la ratons pas.



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