A un an des JO, la baie de Rio est toujours un cloaque

Guanabara, où se déversent chaque jour des centaines de tonnes de détritus, accueillera les épreuves de voile, de planche à voile et de triathlon.


En octobre 2009, en défendant la candidature de Rio de Janeiro comme siège des Jeux olympiques 2016, le président Lula promettait «une baie de Guanabara propre à 80%» afin d’accueillir les épreuves de voile, de planche à voile et de triathlon. A un an pile de l’événement planétaire, qui aura lieu du 5 au 21 août prochain, le constat est pourtant sans appel : la «plus belle baie du monde» est un dépotoir, un tout-à-l’égout à ciel ouvert ou flottent par centaines de tonnes détritus et excréments. Mais tout ceci n’entame pas l’optimisme du président du Comité international olympique (CIO), l’Allemand Thomas Bach, qui a affirmé mercredi que, dans un an, tout sera nettoyé.

Les militants de l’environnement ont du mal à le croire. Il y a trois jours, le biologiste Mario Moscatelli lançait un cri d’alarme. Un de plus, puisque ce professeur de l’Université fédérale de Rio alerte depuis vingt ans sur les ravages de la pollution dans ces lieux dont les noms font rêver : Copacabana, Ipanema, Leblon… Il signale que 65% des déchets et des eaux usées de cette ville de 6,5 millions d’habitants sont déversés directement dans la mer, sans aucun traitement : entre 80 millions à 100 millions de détritus quotidiens. Dans une interview au quotidien espagnol El País, Mario Moscatelli affirme, sans perdre son sérieux : «Je recommande aux sportifs concernés de se vacciner contre l’hépatite A.» Et d’ajouter que Rio a promis des eaux propres «pour remporter les Jeux. Mais [depuis 2009], je n’ai constaté aucun effort pour respecter les engagements pris auprès du CIO». Et il souligne que les sommes colossales consacrées à la propreté des eaux (il avance le chiffre d’un milliard de dollars) ont disparu dans des circuits opaques.

Dès le mois de février, le nageur néerlandais Peter van den Hoogenband, ancien champion olympique, écrivant sur Twitter une photo qui se passe de commentaires. Il doit être assez content d’avoir pris sa retraite, en 2008.

Liberation

Mercredi 5 Août 2015




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