A l’Assemblée nationale comme à la borne fontaine : Mariama Sarr accablée, Moustapha Diop adoubé, la trahison de Awa Niang et les tirs groupés des députés

C’était hier des tirs groupés contre Mariama Sarr orchestrés par des députés de la mouvance présidentielle qui, pour la plupart, ont tressé des lauriers au ministre délégué chargé de la Micro-finance. Moustapha Diop a ainsi reçu les félicitations de la majorité qui ont autant jeté des pierres au chef du département de la Femme, de la Famille et de l’Enfance. Mais ce sera sans compter sur son humilité et sa capacité à remettre les pendules à l’heure.


Un véritable règlement de comptes entre les femmes de Benno Bokk Yaakar (BBY) comme à la borne fontaine. C’est la description adéquate qu’on peut faire de l’Assemblée nationale qui adoptait, hier, en plénière, le budget 2016 du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance.
Des députés, pour la plupart des femmes de la mouvance présidentielle, ont d’abord, dans leurs interventions, voulu donner une douche froide à la ministre Mariama Sarr qui ne va pas de sitôt oublier sa journée d'hier. Comme si elles s’étaient passées le mot. La député de Oussouye, interpellant cette dernière de vive voix, lui a tout bonnement signifié «qu’on peut pas porter la Famille et rester à Dakar». «Mariama Sarr, vous devez effectuer des tournées dans les régions surtout en milieu rural». Et d’ajouter : «Nous, élus du peuple, faisons un travail colossal à la base mais nous ne trouvons jamais l’appui du ministre de tutelle que vous êtes, concernant les femmes.»
«Sédhiou a besoin de voir Mariama Sarr de près ne serait-ce que dans le cadre d’un Crd (Comité régional de développement)», a lâché Khady Mané, appuyée dans cette thèse par Adama Sow qui déclare : «Il faut que ce soit une première pour Mariama Sarr, parce que Linguère l’attend toujours.» Et la parlementaire Anta Sarr de dire : «Les femmes ont besoin de se connaître et c’est à travers les quinzaines de la femme que cela est possible. Mais vous avez rayé cet événement de votre calendrier.»
Sur ce, Abdou Mbow et Moustapha Diakhaté ont voulu faire comprendre à ses différents intervenants que Moustapha Diop et Mariama Sarr travaillent pour le compte d'un seul ministère. Et qu'il ne faut pas qu'on tente la diversion. Un argument sur lequel s’appuie l’intéressée, affirmant avoir conduit Moustapha Diop à l’Alliance pour la République (Apr) et plaidé pour son dossier auprès du Chef de l’Etat Macky Sall. «Je suis fier qu’il soit félicité et qu’il gagne en sympathie, parce que c’est moi qui comptabilise après», s’est-elle défendue.

Le maire de Louga ravit la vedette à Mariama Sarr

Le ministre délégué chargé de la Micro-finance, Moustapha Diop, est-il plus chanceux que celle qui coiffe son département ?
En tout cas, ils ont été nombreux, ces orateurs qui ont chanté sa gloire, hier, en plénière. Et ce fut Moustapha Cissé Lô qui a commencé. «On entendait les financements ,mais jamais le partage n’a été aussi équitable. C’est pourquoi, nous vous félicitons», a-t-il dit.
Non sans demander à ce que ses collègues soient mis à contribution pour être plus proches de leurs militants. Cette trompette de félicitations a été embouchée par la quasi totalité des parlementaires qui ont pris la parole.
«Moustapha Diop, niak la xam woroul (Ndlr : ne pas connaître le ministre délégué chargé de la microfinance est une erreur)», est le maître mot qu’ils ont claironné les uns après les autres. Ils ont aussi sollicité une meilleure couverture du territoire par ces financements.
C’est le cas de Ndèye Awa Mbodji qui a fait comprendre au moins maire de Louga qu’elle n’irait pas jusque dans son bureau pour avoir des financements qui appartiennent à toutes les femmes. Une intervention qui n’est pas du goût du député de Guédiawaye, Amy Cheikh Diop. D’ailleurs, elles ont failli se crêper les chignons.
Répondant aux questions, le ministre Moustapha Diop, quant à lui, s’est voulu catégorique. «Le réseau des femmes pour l’émergence est une idée du Président de la République que j’essaie de mettre en œuvre. C’est un financement qui vise l’éclosion du savoir faire des femmes du Sénégal, sans coloration politique ni appartenance partisane», a-t-il expliqué.
Quid des critères, il dira qu’il existe un Comité de pilotage qui, sur la base de projets présentés, procède au financement et au suivi pour les remboursements qui sont évalués à 95% actuellement. Et de préciser " qu'il n'y a ni garantie, ni apport personnel ou encore frais de dossier".

Députés quémandeurs : le mea culpa de Mariama Sarr et la trahison de Awa Niang

La député libérale, Fatou Thiam, d’un ton ferme, a interpellé la ministre de la Femme. « J’ai lu dans la presse que vous, Mariama Sarr, avez accusé les députés de quémandeurs. Aussi, je voudrais tout de suite savoir si c’est vrai. Si c’est le cas, puisque je n’aurai plus droit à la parole, je voudrais que tu extirpes mon nom de cette calomnie. Je ne connais ni le portail de ta maison, encore moins celui de ton bureau.»
En réponse à cette interpellation, la ministre de la Femme d’affirmer sans complexe et avec beaucoup d’humilité : «Je voudrais demander pardon à tous les parlementaires, surtout à ceux qui se sont senti humiliés à travers ses propos. Ce n’est ni mon genre ni mon éducation. Aussi, je voudrais m’excuser sans détour».
Le mea culpa est suivi d’un tonnerre d’applaudissements. Poursuivant, elle dira que c’est à Touba (Diourbel) qu’elle eu une discussion avec Awa Niang, deuxième questeur à l’Assemblée, et c’est une partie de cette conversation qui a été racontée avec un détournement de la bonne version.
«J’ai discuté, dans une chambre à Touba, avec une sœur, et elle m’a trahi. Encore que notre conversation était profonde, avec beaucoup de points. Mais je ne saurais en donner la quintessence ici, le sujet étant ailleurs. J’ai été interpellée et je voulais mettre les choses au clair non sans rendre aux députés leur politesse», s’est défendue Mariama Sarr.
Voulant réagir sur le champ, Awa Niang a été contrainte par l’article 71 du Règlement intérieur qui voudrait qu’un député puisse répondre à une citation directe seulement après les votes et, dans ce cas précis, le ministre avait le droit de citer tous les députés.
Le budget du ministère de la Famille a été arrêté, cette année, à près de 18 milliards de francs Cfa, soit une hausse de 10,14% en valeur relative comparé à celui de l’année 2015.
Lundi 7 Décembre 2015
Dakaractu




1.Posté par eumeudu le 07/12/2015 10:30
Il n'y a pas longtemps le président sall disait à ses partisans qu'ils l'importunaient. Imaginez qu'au lieu du sérieux et de la sollenité qui doit entourer le vote d'un budget ministériel, madame le ministre se comporte comme si elle était à la borne fontaine. Si j'étais le président sall elle ne durera pas une heure de plus au gouvernement. Utiliser la tribune de la 2nd institution du pays (avec tout ce qui s'est passé ces temps derniers comme écarts de comportement) pour régler des problèmes crypto personnels, c'est ahurissant. Elle n'a pas sa place dans un gouvernement-aucune classe celle-là



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