A Dieu Président ! (Par Mbaye Jacques Diop)


A Dieu Président ! (Par Mbaye Jacques Diop)
Quelques jours après ta disparition que je remue dans ma mémoire, je sais que tu m’entends pleurer, que tu aperçois l’amertume dans mon regard, la tristesse est devenue reine dans un royaume orphelin de ta présence, les longs soupirs que je dégage délivreront les prisonniers de l’oubli. Tu as laissé tout un peuple, toute une ville, toute une famille pantois, stupéfait et médusé devant un silence sempiternel. Les mots qui s’échappent de mes pensées empruntent un clavier terrassé par des larmes sur lesquelles je n’ai point d’autorité. Aucune langue, hélas, ne pourrait m’aider à exprimer mon désarroi, car aux dernières nouvelles tu as décidé de nous quitter à jamais, tu nous as tourné le dos à jamais un dimanche matin, toi l’ami et le père, le doyen que je n’ai jamais connu et qui aimait m’envoyer des livres pour enrichir ma culture générale.

Dieu te rappela auprès de lui, mais dans l‘obscurantisme de mon ignorance, j’ai oublié que tu n’avais pas vraiment le choix, cette volonté divine est en dehors de ta portée. Tu as combattu, toi grand dirigeant, Grand homme d’Etat, Grand Homme Politique, Grand croyant, vaillant soldat de Dieu, tu n’as pas baissé les bras facilement. Pendant plusieurs années, tu n’as guerre abandonné tes amis du monde politique, particulièrement ceux des Porteurs de Pancartes, à aucun moment tu n’as daigné montrer un fléchissement. Champion des champions, les mots fair-play, dignité, loyauté, respect et foi en Dieu ont a toujours figuré dans le dictionnaire de ta vie. Quel Honneur !

Ta fierté dans les ultimes instants de ta vie n’a d’égal que ton immense talent et ton incommensurable générosité. Toi qui s’est débattu comme un lion féroce dans l’arène politique, non pas parce que tu refusais une mort certaine, mais juste par souci de rester debout quoiqu’il advienne, de te montrer humble face à l’adversité et de sortir la tête haute tel un gladiateur berbère, toi le seul Président du Conseil de République pour les Affaires Economiques et Sociales, l’ancien Maire de Rufisque pendant 17 ans, homme de conviction et d’action, qui aura combattu tout au long de sa carrière pour porter haut le flambeau de ton pays, comme en atteste cette date du 26 aout 1959 pour demander l’Indépendance du Sénégal. Ta force de conviction à défendre tel ou tel projet était particulièrement percutante et déterminante. Cette ténacité affichée a fait de toi ce grand républicain qui a été pendant de longues années aux côtés du Président Léopold Sédar Senghor, et toujours animé par un travail inlassable animé par un esprit convivial amical et empreint d’espièglerie.

Tes camarades socialistes, tes frères, libéraux, et adversaires politiques évoquent toujours l’homme politique, le leader enthousiaste dévoué à la cause du Sénégal, de Rufisque qui vous a vu naître et grandir mais aussi du social et soulignent l’immense vide causé par ta disparition.

Je te promets de ne jamais t’oublier, Je te laisse sans vraiment t’abandonner, car tu sais pertinemment que l’on va se voir un jour dans un autre monde. Un monde, où seule la justice divine fait loi, où la bonté du cœur est gracieusement récompensée et où ta grandeur d’âme trouvera le refuge tant convoité.

J’aurais tellement préféré que tu sois toujours parmi nous, entendre à nouveau ta voix, revoir ton sourire, lire ton engagement, et partager ta passion pour le développement du Sénégal, propre, dégagée de toute emprise spéculative, de ce pays qui tu as toujours aimé Mais Dieu a voulu que tu nous fasses faux-bond à la veille de l’Aid el Kabîr dans ta paisible maison de Yenne où tu m’appelais souvent pour des débats mais aussi des réprimandes et des fois des encouragements sur certaines de mes sorties médiatiques.

Ta foi inébranlable, tu as toujours eu comme référence Serigne Fallou Mbacké. Un guide éclairé ayant eu une haute conscience de sa mission devant Dieu et devant les hommes. En homme de paix et de bon conseil dont ta sagesse est proverbiale, tu as perpétué dans ces lignes la tradition inaugurée par ces figures emblématiques de l’Islam en général et du Mouridisme en particulier. Mes Respects Président comme j’aimais t’appeler, tu nous a quitté sur la pointe des pieds sans faire de bruit. Tu as tiré ta révérence due à ton rang Président Mbaye Jacques Diop. Et aujourd’hui encore, je garde jalousement les derniers conseils que tu m’as donnés en continuant à les respecter religieusement pour en tirer profit. Que dieu t’accueille dans son paradis. Amen !

Par Mbaye Jacques Diop CTCOM/MIN/SPORTS
Mercredi 14 Septembre 2016
Dakaractu



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