87 morts au Burundi : le bilan s'alourdit

Des attaques simultanées ont été menées vendredi contre trois camps militaires de la capitale burundaise. On compte désormais 87 morts, selon l'armée.


87 morts au Burundi : le bilan s'alourdit
C'est un véritable carnage. Les cadavres d'au moins 87 jeunes tués par balle, souvent à bout portant, ont été découverts samedi matin dans les rues de Bujumbura. Un bilan très lourd qui vient d'être mis à jour par l'armée. Plus tôt dans la journée, un bilan d'une quarantaine de morts avait été indiqué à l'Agence France-Presse par des témoins interrogés par téléphone. Dans plusieurs quartiers, les habitants ont accusé les forces de l'ordre d'avoir arrêté vendredi tous les jeunes qu'ils rencontraient et de les avoir exécutés délibérément, plusieurs heures après l'attaque à l'aube par des insurgés de trois camps militaires de la capitale burundaise.
À Nyakabiga, un quartier contestataire du centre de Bujumbura, des journalistes burundais et plusieurs témoins ont rapporté avoir vu vingt cadavres de personnes tuées par balle, dont certains à bout portant. « Certains de ces jeunes ont la tête totalement explosée. Pour d'autres, la balle est entrée par le haut du crâne [...], c'est une horreur absolue, ceux qui ont commis ça sont des criminels de guerre », s'est insurgé un journaliste burundais sous le couvert de l'anonymat.
« Beaucoup de cadavres »

Dans le quartier voisin de Rohero II, cinq cadavres de jeunes gens gisaient sur un de ses principaux axes routiers, selon des habitants contactés par téléphone. À Musaga, un autre quartier contestataire du sud de Bujumbura, « j'ai déjà compté de mes yeux quatorze cadavres de jeunes exécutés cette nuit par les soldats et les policiers », a assuré un fonctionnaire sous le couvert de l'anonymat, accusant la police de continuer à tirer en l'air pour les empêcher d'approcher d'un endroit où il y aurait « beaucoup de cadavres ».
« La plupart des personnes tuées sont des domestiques ou des jeunes chefs de famille qui étaient chez eux, c'est un carnage, il n'y a pas d'autre mot », s'est indigné un habitant de Nyakabiga sous le couvert de l'anonymat. Tous assurent que la plupart des personnes ont été tuées vendredi en fin d'après-midi et dans la nuit de vendredi à samedi, bien après l'attaque des camps militaires et loin de ces camps.
Aucun officiel burundais ne pouvait s'exprimer dans la matinée de samedi. Le porte-parole de l'armée, le colonel Gaspard Bratuza, a expliqué dans un tweet qu'un « bilan définitif » des opérations d'hier à Bujumbura serait communiqué « dans le courant de la journée ». Un porte-parole de l'armée avait annoncé vendredi après-midi un bilan d'au moins 12 assaillants tués et 20 autres capturés, ainsi que 5 soldats blessés, lors de l'attaque simultanée des trois camps militaires.
Samedi 12 Décembre 2015
Dakaractu




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