2012 : un impératif de consensus...

... Et de quelques autres enjeux non moins importants alors que certains segments oligarchiques n'envisagent que le chaos ou la perpétuation
d'un messianisme de mauvais aloi. Les Sénégalais, architectes de l'élan formidable des Assises, feront face aux tentatives brouillage. au soluble
du tout dans tout, aux nombrilistes, aux aventuriers et autres citoyens d'un jour. Cet espoir masque mal notre volonté de dire ici l'angoisse et la brutalité
que nous inflige la parfois fantaisiste actualité électorale.


2012 : un impératif de consensus...
Provocations criminelles
Certains ont manifestement fait le choix de la confrontation et de l'intimidation des adversaires, qui répliquent en bandant des muscles et en exhibant un arsenal guerrier, au péril de la vie de Ndiaga Diouf, pauvre hère buté au prix de quelques maigres de nos francs Cfa. Lui qui trainait ses guêtres dans les arènes, porteur comme des milliers d'autres du rêve hypothétique d'un combat de lutte à gros cachet.
Cet épisode diabolique a été écrit et exécuté par des individus qui ont pris le parti de brouiller le processus électoral, dans la continuité logique de douze années d'opacité. Lëndamël karte yi* de sorte que la séquence suivante soit consacrée à autre chose de l'ordre du blanchiment qu'à une fouille minutieuse du passif...

Scénarios d'impasse
Trêve de provocations criminelles. Alors au mieux le processus continue cahin cahan, avec des scenarii à peine ou guère plus rassurants.
Waad s'entête, le Conseil constitutionnel mis en joue, aux ordres, entérine ses désirs fous de troisième mandat à 85 ans (âge officiel). Le Sénégal peut connaître les chaos vécus ailleurs : Côte d'ivoire, Guinée, Kenya... Les pétoires y sont encore chaudes. Nulle prière n'y pourra rien faire. Sauf à croire que les Sénégalais sont faits d'autre chose que de ce qui fait les humains!

Deuxième éventualité : à cette étape du processus – Waad investi par ses ouailles – si le même Conseil rejette sa candidature, la chienlit serait circonscrite au PDS, mais il y aurait chienlit car le parti qui aura régné douze années sans partage serait absent des joutes électorales. Quelques vertus de ce scénario : les opposants devraient réajuster et se bâtir un argumentaire de campagne renouvelé. Le Sénégal s'en porterait mieux avec un débat expurgé de la grande crispation autour
du père et des fils, même d'emprunt.

Dernier scénario agité de – ci de – là : la démission de tout ou partie des membres du Conseil consacrerait définitivement l'impasse dans laquelle vit le Sénégal depuis une législature au moins. Rappelons qu'elle a l'empreinte de chambre d'enregistrement de l'ancien parti – Etat socialiste.

Impératif de consensus
A ceux qu'on appelle un peu trop rapidement les indécis, à ceux qui ont le vote affectif, à ceux qui votent comme leurs pères ou leurs pairs, à ceux qui votent comme leurs époux ou épouse, à ceux qui votent sous injonctions diverses, à ceux qui songent à l'abstention, aux groupies et autres fans d'un certain musicien – aventurier, à tous les autres, il faut rappeler un enjeu fondamental après douze années qui nous ont fait toucher le fonds : retrouver le chemin d'un consensus républicain; quitter définitivement les pentes raides, étriquées et claniques.
Sous cet angle, les candidatures qui se rapportent sans ambiguité à ce que les Sénégalais ont produit de plus revigorant dernièrement : les conclusions des Assises, doivent retenir notre attention. Hors de ce cadre, nous risquons de ne pas être quittés de si tôt par les éternels démons des aventures individuelles ou du messianisme présidentiel.

Alassane Diagne
Pierre Seck
pour Ramatou Mensuel
Mercredi 4 Janvier 2012
Alassane Diagne et Pierre Seck




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